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Tome I.
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LES DESSOUS DE L HISTOIRE

» que j’ay reçeües de mon Seigneur et père. Je vous prie de» m’assister de vos bons avis et de'libe'rer présentement sur ce» que j’ay commande' à mon Chancelier de vous présenter. »

Monsieur le Chancelier se leva aussitost, et après avoir faitdeux profondes réve'rences au Roy, il fit sa harangue à l’As-semble'e et dit d’un ton plein d’e'loquence : « Que ne pouvons-» nous point augurer, Messieurs, du règne d’un Prince forme« par des mains sages, en qui l’on a reconnu dès son enfance un» naturel heureux, un esprit de douceur, de discrétion, de dis-» cernement, qualitez sy ne'cessaires pour un bon gouvernement,» mais surtout un profond respect pour les sacrés mistères et» pour tout ce qui a rapport à la religion, dans un itge où les» Princes ne sont ordinairement occupez que de leurs plaisirs, 'et» qui apporte] la consolation à son Royaume de nous annoncer« luy-mesme qu’il veut suivre des sages conseils et se donner» tout entier aux soins de son Estât, et qu’il n’a point d’autre.» veüe que celle d’assurer le bonheur de ses sujets. Que l’amour» de la Reyne pour ses peuples et le de'sir de les rendre heureux» dont Sa Majesté' vous donne un gage sy précieux, que les veiies» de sagesse et de religion dont elle est anime'e redoublent donc» l’ardeur de vos vœux pour sa conservation, votre fidélité et» votre zèle pour son service ! »

Monsieur le premier Président fit ensuite sa harangue et repré-senta « qu’il y avoit un terrible changement dans la joyc que le» couronnement de la Reyne avoit causé au fond du cœur du» peuple; que la ville de Paris n’estoit plus cette belle Noémy,» dont parle l’Écriture ; que la perte qu’elle avoit faite de son» cher Prince l’avoit plongée dans une triste consternation, mais» que le Parlement trouvoit une douce consolation dans sa» douleur par la présence du jeune Roy, qui semble déjà marcher» sur les traces du défunt Roy, son père, et se proposer son» exemple comme le modèle qu’il veut imiter, établir dans ses» Conseils le mesme ordre que cet auguste Prince a toujours» suivy, et vouloir mettre en pratique les instructions sy sages et» sy chrétiennes, dignes d’une expérience et d’une vertu con-» sommées qu’il a reçeües de cette grande Reyne, sa mère, et qui» ont esté depuis gravées dans son cœur; qu’il n’y avoit que Sa» Majesté qui pouvoit arrester les larmes et relever le courage» abattu de ses sujets; et qu’à l’exemple des Roys Philippe-» Auguste et Saint-Louis, qui avoient esté secondez des conseils