PR0C1ÎZ DE FRANÇOIS RAVAIIXAC
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» salutaires des Reynes Alix et Blanche, leurs mères, Elle devoit» egalement confier l’administration de toutes ses affaires à la» Reyne, sa mère, à qui la régence du Royaume estoit légiti-» mement deüe, et que comme sa Cour du Parlement avoit este'» institue'e pour rendre la justice à ses sujets, il la supplioit très-» respectueusement de l’honorer de sa bienveillance et avoir» pour agre'able leur premier hommage et le serment qu’elle luy» fait de leur fide'lite' inviolable pour son service ».
Les portes de l’Assemble'e jusques-là estoient ferme'es, et sitostqu’on les eut ouvertes, Monsieur Servin, advocat du Roy, se levapour Monsieur le Procureur ge'ne'ral, et dit d’un ton assez pathé-tique « qu’il ne pouvoit assez dignement rendre au Roy et à la» Reyne, sa très-honore'e mère, ce qui leur estoit deu pour leur» première séance dans leur lit de justice; que le grand nom du» feu Roy, père de Sa Majesté, sa valeur, sa clémence et ses» rares qualitez se représentoient à ses yeux comme dans un» tableau pour exciter en luy le désir d’en estre l’imitateur; que» Dieu n’avoit point laissé la France sans ressource, puisqu’il» l’avoit choisy pour la gouverner selon les règles de la justice,» pour la faire exactement observer, et pour maintenir dans toute» leur pureté le culte et la foy de ses pères; que sy la régence de» la Reyne Blanche, mère de Saint-Louis, avoit rendu le Roy,» son fils, et ses sujets heureux par une sage administration,» aussy la France ne devoit pas moins attendre de félicité de la» conduite et de la prudence de la Reyne, sa mère.
» Que sur la remontrance qui avoit esté faite au Parlement» que l’Estat ne pouvoit estre gouverné que par elle pendant sa» minorité, il rendit le jour précédent un arrest par lequel elle» avoit esté déclarée Régente du Royaume, et le supplioit très-» humblement, en présence des Princes, Prélats, Ducs et Pairs,» et des principaux Officiers de la Couronne, ordonner que cet» arrest seroit publié dans tous les bailliages, sénéchaussées et» sièges royaux du ressort de cette Cour, et dans toutes les autres» Cours souveraines du Royaume. »
Monsieur Servin ayant fait sa harangue, Monsieur le Chan-celier monta au lit de justice pour recevoir les ordres de SaMajesté; ensuite, il descendit aux sièges des Présidens pourprendre leur avis, qui fut de recueillir celuy des Princes, Ducs etPairs, Prélats, Officiers de la Couronne, Conseillers d’Estat,Maistres des requestes et Conseillers de la Cour, et estant