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I.ES DESSOUS DE L’HISTOIRE
habile que ceux qui l’avoient interroge' avant luy, et l’appelahuguenot, ce qu’il répe'ta depuis en l’un de ses interrogatoires.Il fut fouillé partout et on ne trouva sur luy que trois quartsd’escus d’argent avec quatre ou cinq sols de monnoye. Il confessaensuite que s’il n’eût point fait son coup ce jour-là, il se seroitdéterminé à retourner le lendemain en sa province. On le trouvasaisy de plusieurs papiers, entre autres d’une pièce de poésieque l’on avoit composée pour une personne que l’on conduit ausupplice, qu’il dit estre de la composition d’un apothicaire de laville d’Angouléme, et il dit qu’il la luy avoit communiquée pouren juger, parce qu’il se rnéloit quelquefois de faire des vers; d'unautre papier sur lequel estoient peintes les armes de France,colorées et soutenues par deux lyons, l’un tenant une clef etl’autre une espée, qu’il dit avoir apporté d’Angoulême avec laferme résolution de tüer le Roy. L’on luy trouva encore unautre papier dans lequel estoit escrit le nom de Jésus en troisdifférens endroits, un chapelet et un cœur de coton, dans lequelil se persuadoit y avoir de la vraye Croix, qu’un chanoine d’An-goulème luy avoit donné pour présent; mais quelques couleursqu'il donnât à toutes ses prétendues inspirations, on n'eut pas depeine à s’imaginer qu’un coup sy abominable n’eût esté produitpar d’autres mouvemens que celuy du démon, qui l’obsédoilentièrement. Comme chacun de’siroit ardemment que ce malheu-reux fût puny de son parricide, on le mit aussitost entre lesmains du Parlement, et l’on se saisit de ses parens et alliez,mesme de tous ceux avec lesquels il avoit eu quelques relationsd’affaires.
La nuict du sarnedy, i5 c jour de may, il fut mené à la Con-ciergerie du Palais. Messieurs Achille de Harlay, Nicolas Pottierde Blancme’nil, premier et second présidens, et Messieurs Boinet Courtin, conseillers, commissaires députez pour luy faireson procez, travaillèrent diligemment et avec de sérieuses ré-flexions. La Reyne envoya plusieurs fois le marquis d’Ancrepour leur faire connoistre plus particulièrement ses intentionset le désir qu’elle avoit que la vérité fût descouverte. PlusieursDocteurs et Religieux allèrent, par ordre de Sa Majesté, le visiterdans la prison, pour tâcher à le mettre par leurs sages conseilsdans la voye du salut, et de connoistre adroitement ceux quil’auroient conseillé à commettre un sy exécrable parricide. Lessieurs Servin et Lebret, advocats du Roy, et Duret, premier