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Tome I.
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procfz ni: fraxçois ravaiu.ac

•2 I T

d’Aix, d’Embrun et quelques autres évesques furent ensuitedéputez au dit hostel pour tâcher de tirer de luy la confession deson crime, mais ils perdirent leur temps. Il leur déclara seu-lement qu’il avoit esté Feuillant à Paris, et que pour avoir com-posé quelques escrits sur les jugemens du Très-Haut, le Prieurdu monastère l’avoit chassé de leur compagnie comme un vision-naire et incapable de soutenir la pureté de leur règle; que néan-moins, il s’estoit attaché depuis à la contemplation des secretsde la Providence éternelle, dont il avoit eu de fréquentes* révé-lations, tant en veillant qu’en dormant. On connut bien alorsque son esprit estoit entièrement brouillé et que ses rêverieschimériques et ridicules l’avoient rendu susceptible de toutes lesimpressions du prince des ténèbres. Plusieurs personnes éclairéesqui estoient présentes, réfléchissant judicieusement sur ses ma-nières de parler et ses différens mouvemens, crurent que cesvisions qui l’agitoient jour et nuit, l’air impérieux qu’il prenoitsur tous les autres, la présomption qu’il avoit de participer auxconseils de Dieu, d’entendre ses volontez, et enfin d’estre choisypour les exécuter, dévoient estre des preuves certaines que sonesprit estoit absolument obsédé du démon. Il s’estoit fait dansson imagination une créance toute opposée à la justice et à lapiété du défunt Roy, et sur ce principe il déclare avec brutalitécontre sa souveraine puissance, disant qu’il estoit nécessairequ’elle fût punie; que l’on pouvoit sans scrupule tüer un tyran,et que ce grand Monarque estoit réputé tel, parce qu’il ne vouloitpoint en aucune manière déclarer la guerre aux huguenots, nyles contraindre, sur peine de la vie, de croire aux ve'ritez de lareligion catholique. Il est vray qu’entre toutes les invectivesqu’il proféra contre le Roy, sa conscience ne luy pût permettrede luy donner le titre de tyran, mais il avoua que tout ce qu’ilavoit déclaré sur les louables actions de ce Prince luy avoit estémalheureusement inspiré dans son âme par le mesme conseilqui luy avoit fait méditer le dessein d’attenter à sa vie (i).

Le sieur Bellangreville (2), grand prévost de l’hostel du Roy,voulant vaincre son obstination, luy fit [mettre] les poulies de prèsavec un rouet d’arquebuse. Le scélérat luy demanda s’il estoit plus

(1) La dernière partie de cette phrase, exactement reproduite du manuscrit, est à peuprès inintelligible.

(2) Joachim de Bellangreville, qui avait été antérieurement gouverneur de Meulan.