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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

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mal faire, et bien que Monsieur de Bourges luy eust relleve cescruppulle, toutesfois qu’il n’estimoit pas sa conscience sy biendeschargée, qu’il ne luy en restast encore quelques remors.

« Que le dict sieur de La Fin luy faisoit boire de quelque eauqu’il disoit préserver du poison, luy ayant mis en oppinion quele Roy se debvoit deffaire de luy.

Que depuis encore que le dict sieur de La Fin a voit parlé auRoy, il l’estoit allé trouver, et luy avoit confirmé de n’avoir riendict à Sa Majesté qui luy peust nuire, et qu’il ne craignis! poinct.

Que sur les chemins, ung sien amy, qu’il ne congnoissoit pas,luy envoya ung valet de pied luy mander qu’il n’allast poincttrouver le Roy, s’il ne voulloit perdre la vye.

Que le dict jour, il luy arriva ung homme habillé en messager,qui luy présenta ung pacquet de lettres, luy disant que c’estoitde la part de Madame la comtesse de Roussy (i), sa sœur; ques’estant enquis de luy et de la grossesse de sa dicte sœur, ne luyavant sçeu respondre, il jugea que c’estoit quelque aultre advis,comme en effet il se trouva que ung sien amy, qu’il ne congnoistpoinct, luy manda qu’il s’en retournast en dilligence, autre-ment qu’il estoit perdu, ce qu’ayant monstré à ung des siens,iil luy dict'l : « Je voudrais que vous fussiez dans le chasteau» de Dijon, et j'rnoy! estre mort après que j’aurais sçeu que» vous y seriez arrivé, car il ne faict pas bon icy pour vous ».

Que s’il eust eu quelque chose en la conscience, après tantd’advis, qu’il n’eust pas manqué de s’en aller, mais qu’il sesentoit sy innocent que, contre l’advis de ses plus particulliersamys, il estoit allé trouver le Roy.

Le dict sieur de Biron, pour tesmoigner que le dict sieur deLa Fin n’a eu intelligence avec luy depuis le pardon du Roy,produit la lettre escripte depuis la naissance de Monsieur leDauphin. La dicte lettre est sans date, et en laquelle il luvmande que puisqu’il a pieu à Dieu luy donner un Dauphin,qu’il ne voulloit plus songer à toutes ses menées, qu’il le prioitde revenir, et qu’il ne luy eust pas escript, s’il eust eu unemauvaise intention.

Ce sont les justifications de Monsieur le mareschal de Biron,mais les lettres sont tenues véritables et irréprochables qui lecondampnoient à la mort.

(i) Sœur du maréchal de Biron, et femme du comte de Roussy de Châteauneuf.