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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

» endroict, qui n’a eu que le désir de vous offencer, puisqu’elle» a commiz la faulte (sic). Les requestes de vos très-humbles et» très-hdelz serviteurs humiliez à vos pieds, lesquelles nous» espérons que Vostre Majesté, accompagnée de doulceur, nous» accordera. »

Pendant que le dict sieur de La Force achevoit, le Roy htlever les dicts sieurs, et après qu’il eut achevé, le Roy responditainsy :

« Monsieur, j’ay tousiours reçeu les requestes des amys de» Monsieur de Biron en bonne part, ne faisant pas comme mes« prédécesseurs, qui n’ont jamais voullu que non-seullement les» amys et parens des accusez de crime de lèze-majesté parlassent à» eux, ny mesme leurs père et frère. Jamais le Roy François n’a» voullu que la femme de feu mon oncle, le Prince de Condé,» luy demandast pardon. Quant à la clémence que vous désirez» que j’aye envers Monsieur de Biron, ce ne seroit pas miséri-» corde mais cruaulté, car s’il n’y alloit que de mon intérest» particullier, je luy pardonnerais comme je luy pardonne de bon» cueur; mais il y va de mon Kstat auquel je doibz beaucoup» et de mes enfans que j’ay miz au monde, car ilz me pour-» raient reprocher, et tout mon Royaulme, que j’ay laissé un mal» que je recongnois; sy je venois à faillir, il y va de ma vye, de» celle de mes enfans et de la conservation de mon Royaulme.» Je laisseray faire le cours de la justice, vous verrez le jugement» qui en sera donné. J’apporteray tout ce que je pourray en ses» innocences, pour lesquelles je prometz de faire tout ce que je» pourray jusques à terns que vous ayez recongneu qu’il soit» criminel de lèze-majesté, car alors le père ne peult solliciter» pour le hlz, ny le hlz pour le père, le mary pour la femme, le» frère pour le frère. Ne vous rendez pas odieux à moy pour la» grande amitié que vous luy avez portée. Quant à la notte» d’infamye, il n’y en a que pour luy : le connestablc de S'-Paul,» de qui je viens, et le duc de Nemours, de qui j’hérite, ont-» ilz moings laissé d’honneur en leur postérité? Le Prince de» Condé (i), mon oncle, n’eust-il pas eu la teste tranchée le» lendemain, sy le Roy François ne fust mort? Voilà pourquoy« vous aultres, qui estes parens de Monsieur de Biron, vous n’en» avez aulcune honte, pourveu que vous continuiez en vos

(i) Henry II de Bourbon.