PROCEZ ET MORT DU MARESGHAE DUC DE BIRON
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ruynes de celle que j’avois en France, dont Vostre Majesté' aurala disposition souveraine aussy bien que d’une personne, car, enquelque lieu qu’elle m’envoye, je seroy et paroistroy tousioursfrançois, et le repentir de mon offence me rendra passionne' aubien de la patrye, et ne m’en diray pour ce condampne', ny quevous m’ayez despouille' de mes estatz et de mes charges, carayant, à la place de l’espe'e de mareschal de France, celle queje portois au commencement que j’arrivay en vos arme'es, jepourray, estant retiré au service de l’Eglise, praticquer loing deFrance celle que j’ay apprise au service de Vostre Majesté, quesv elle me deffault le maniement des armes, elle lie du tout lesmains à la guerre. Donnez-moy ma maison pour prison, et neme laissez que ma foy pour gage et ce qu’il fault de moyensà ung simple gentilhomme pour vivre seullement. Je vous en-gage la part que je prétends au Ciel de ne sortir dans le mondeque lorsque Vostre Majesté me le commandera. Laissez [vous],Sire, esmouvoir à mes soupirs, et destournez vostre rigueur duprodige de la fortune que ung mareschal de France serve d’ungfuneste spectacle aux François, duquel son Roy, qui le souloitveoir combattre dans le milieu des périls de la guerre, a permis,durant la paix de son Estât, que l’on luy ayt ignominieusementravv l’honneur et la vye. Faictes-le, Sire, et ne regardez pas tantà la conséquence du pardon qu’à la gloire d’avoir sçeu et voullupardonner à ung crime punissable, car il est impossible que cestaccident puisse advenir à d’aultres, parce qu’il n’y a personne devos subiects qui puisse estre comme j’ay esté [trompé par celuy]qui ayme plus ma ruyne que ma grandeur, qui se sert de monambition pour corrompre ma fidellité, et qui m’a conduict audanger où je me trouve. Voyez ceste lettre, Sire, de l’œil queDieu a de coustume de veoir les pescheurs repentans, surmontantvostre courage pour rendre vostre victoire {sic) à la grâce que jevous demande.
Vostre subiect et captif,
Charles de Gontault.