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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

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La peur monstre un cœur vil, mais son cœur invincible,Cre'dulle, ne doubtoit nullement de la fin :

Luy toutesfois, à coup de ruyne terrible,

Aultre qu’il ne pensoit, luy a causé la fin.

Cest espoir de la fin doncques en cest affaireNe le faisoit ailleurs regarder que la fin,

Mais la fin se trouvant à ses désirs contraireLuy osta le moyen de venir à la fin.

Las! Il pensoit tenir la fin dedans sa manche,

Sans avoir recongnu par avant sa fason,

Car la fin des humains est l’oyseau sur la branche,

Qui s’en va sautillant de buisson en buisson.

Mais La Fin le flattant de sy douce espérance,

Qui le rendoit crédulle à ses charmeurs appas,

Qu’ils ont par leur abus, pour touste rescompence,Conduict nouvel Icare à la fin du trespas.

Car La Fin avoit prins le masque d’une vyePleine d’heur, de trésors, d’honneur et de repoz,

Se présentant à luy, puis quand il eut envyeD’en iouir, il trouva à sa place Atropos.

Au moings s’il eust pensé que par ces pipeurs charmesLa Fin ne faict jamais que décepvoir les gens,

On n’auroit veu Biron, despouillé de ses armes,

Laisser trancher sa teste au milieu de ses gens.

S’il eust sçeu qu’il n’est chose au monde sy trompeuse,Plus trompeuse, sans loy, sans respect, que la fin,

Plus traîtresse et perfide, aussy plus dangereuse,

Rusée qui plustost attrappe le plus fin,

Qu’il n’est plus que la fin rien sy bien variable,

Rien de plus incertain, inconstant et léger,

Qui plus, par beau semblant, se monstre favorableEn premier, pour après le laisser en danger.