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Tome I.
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LES DESSOUS DE l’hISTOIRE

demandoit point de. ceste sorte, et luy firent oster son chapeau.Ils leur firent ensuite mettre leurs chaperons sur leurs espaules,et les menèrent en leurs logis, où, les ayant mis, ils crièrentplusieurs fois : Vive le Roy ! On m’a rapporté qu’ils crioient demesme : Vive le Roy! après qu’ils avoient tué quelqu’un de ceuxqu’ils estimoient estre gabeleurs. Le lendemain, qui estoit mardy,ils furent par la ville, armez comme le jour précédent, et crièrentaussy diverses fois, selon les occasions : Vive le Roy! et plusieursd’entre eux disoient qu’ils payeroient à Sa Majesté ce qui luyplairoit leur imposer, pourveu que ce ne feust pas sur le vin. Cemalheur public procède de ce que les Jurats n’ont point estésecourus des bourgeois, comme ils prétendent; ils l’ont ainsyrapporté au Parlement, sur quoy nostre Compagnie ayant députéaucuns de Messieurs les Présidens et Conseillers pour aller par laville assembler quelques bourgeois, les dits députez ont confirméla mesme chose et rapporté qu’ils n’avoient trouvé aucuns bour-geois; le lendemain, mesmes allans par la ville, attroupez commele jour précédent, demandant un arrest d’abolition générale etqu’on fist ouvrir les portes de la ville, ou qu’on mettroit le feupartout; les Jurats et capitaines me rapportèrent au chasteau duHà, où je m’estois retiré, qu’ils n'avoient peu trouver aucunsbourgeois pour s’opposer aux dits séditieux, ce que mesmesaucuns de Messieurs du Parlement me confirmèrent, lesquelss’estoient mis en debvoir d’en assembler. Nostre Compagnie,ayant esté advertie que les dits séditieux tenoient la Maison deville assiégée, pensant par ce moyen arrester la sédition, donnaarrest par lequel il estoit ordonné qu’il seroit sursis pour ungmois, soulz le bon plaisir de Sa Majesté, à l’establissement du ditdroit, et que l’arrest seroit présentement publié à son de trompe.Le premier huissier estant allé vers la dite Maison de ville pourfaire publier le dit arrest, il fut environné par plusieurs des ditsséditieux, lesquels le descendirent de son cheval et luy arra-chèrent le dit arrest, et ne l’ayant point trouvé à leur goust, ledéchirèrent et tuèrent un jeune homme qui tenoit le chapeau dupremier huissier, disant qu’il aydoit aux gabeleurs. Je demeurayau Palais, le dit jour de lundy, jusques à cinq heures du soir,avecq quelques-ungs de Messieurs du Parlement, affin de donnerles ordres qui seroient jugez nécessaires sur les advis qui nousseroient apportez; mais ayant esté adverty, à la dite heure de cinqheures, que les dits séditieux estoient dans l’Hostel de ville, et