Band 
Tome I.
Seite
289
JPEG-Download
 

CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER

289

qu’ils disoient vouloir venir au Palais pour se saisir de moy etde Constans, jurât, comme favorisant le dit establissement, jequittay le Palais, et m’estant mis dans ung carrosse, je me fis con-duire au dit chasteau du Hâ, où je suis demeure' jusques au mer-credy matin que je suis rentre', avecq Messieurs du Parlement,au dit Palais, où, ayant rapporté que j’avois escrit à Monsieurd’Espernon, et luy avois donné advis, dès le lundy après-disne', de la dite sédition, et qu’il m’avoit envoyé une responsepar son capitaine des gardes, par laquelle il me mandoit nepouvoir venir sy promptement, tant à cause de son indispositionque pour ce qu’il estoit peu accompagné, il fut à l’instant déli-béré, les Chambres assemblées, d’envoyer deux députez vers leduc d’Espernon pour le prier de vouloir venir promptement, parl’espérance que sa présence arresteroit le désordre. Suyvant cesteprière, le dit sieur d’Espernon estant venu jeudy dernier, il estdescendu dans la Maison de ville, où, à son entrée, il a destituéles Jurats et leur a faict deffenses de se plus immiscer en lafonction de leurs charges, jusques à ce que par Sa Majesté enavt esté autrement ordonné, et après a donné tel ordre à la ville,que depuis son arrivée les séditieux sont restez renfermez dansleurs maisons, de sorte que la ville paroist maintenant en repos.Quand les choses seront complètement asseure'es, et qu’il n’yaura plus rien à craindre, le Parlement ne manquera point defaire informer et de procéder au chastiment des coupables,suyvant les ordres qui luy en seront donnez par Sa Majesté. Jecontribueray soigneusement, en ce rencontre, tout ce qui des-pendra de moy, nonobstant le péril que j’ay couru, et vous ferayparoistre, dans les occasions où vous m’honorerez de vos com-mandemens, que je suis,

Monseigneur,

vostre très-humble et très-obéissant serviteur,

Bourdeaux, ce xx may 1 635.

Aguesseau.