CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER 29 1
avant qu’estre en estât de rien exe'cuter pour le chastiment deceste se'dition, lequel, par ne'cessite', doit estre faict rigoureu-sement; mais il importe qu’en mesme temps les esprits de ceux
qui restent soient asseurez par une abolition et . re'vocation
de ce droit des cabaretiers, et encore d’ung autre, dont on parle,sur les baptistaires, mariages et mortuaires, ce qui est icy très-mal veu. Je suis très-fidèlement,
Monseigneur,
rostre très-humble, très-obe’issant et très-obligé serviteur,
Verthamon.
A Bourdeaux, ce 28 may i635.
LETTRE DU DUC DE LA VALETTE ( 1 )Monsieur,
Les communautez de Saint-Jean-de-Luz et de Sybour, dansl’interdiction générale du commerce qui fut public'e, il y aquelques anne'es, en ce Royaume avecq l’Espagne, furent dis-pensées de la dite interdiction. Les dites [communautez] nepouvoient subsister sans commerce, à cause de la stérilité deleur terroir, et pour n’avoir aucuns ports, ny havres dans leurpaïs où elles puissent de'biter, ny descharger leurs marchandises.Elles envoyent ce député maintenant à la Cour pour demanderla continuation de la mesme grâce, qui leur est beaucoup plusnécessaire que jamais, pour avoir soin de dix ou douze vaisseauxen mer aux Terres-Neufves, lesquels estant partis avant nostrerupture avecq l’Espagne, et n’en pouvant recepvoir les advis,s’en iront à l’ordinaire descharger aux ports de nos ennemys, cequi fera leur ruyne entière et l’advantage de nos dits ennemys.Les rnesmes communautez, pour se libérer de la nécessité qu’ontleurs vaisseaux d’aller descharger aux ports estrangers, entre-prirent, il y a quelques années, de construire le port de Socoaet la barre de Saint-Jean-de-Luz, qui asseureroient entièrementleur commerce, s’ils estoient à leur perfection. Elles y ont lon-
(1) Dossier n° 107, tome I, pièce 85.