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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
LETTRE DE M. DE VERTHAMON (i)Monseigneur,
Depuis m’estre donne' l’honneur de vous escrire le 24 de cemois, il a esté advisé entre Monsieur le duc d’Espernon etMessieurs les Députez du Parlement de faire le plus promptet exemplaire chastiment des chefs de la sédition de ceste villequ’il se pourra avecq seureté; mais parce que ceste ville est aupouvoir des habitans, de l’affection desquels on ne se peutentièrement asseurer, et que la populace y menace, et dans lacampagne, de se soublever lorsque l’on entreprendra d’en ar-rester quelqu’un, il a esté trouvé bon, pour ne point hazarderl’authorité du Roy et soulz son bon plaisir, de prier Monsieur leduc d’Espernon d’appeler en ce voysinage sa compagnie degensdarmes, et dans la ville le plus grand nombre qu’il se pourrade gentilshommes, ou mesme des soldats de ses troupes dans lechasteau, à quoy il auroit esté désià travaillé plus efficacement,sans ce que, depuis deux jours, Monsieur d’Espernon a eu unepetite rechute de fiebvre, de laquelle néantmoins il se portemieux aujourd’huy. J’ay creu, Monseigneur, ne vous pouvoirdonner une meilleure relation des choses qui se sont passées icyavant mon arrivée, que par la copie que je vous envoyé duregistre de la Maison de ville, dont j’en ay adressé aussy l’extrait,signé du greffier, à Monsieur de La Vrillière. Je joins aussy,Monseigneur, ung Mémoire de ce que je puis juger sur leschoses différentes qui se disent par les ungs et par les autres,duquel Mémoire pourtant je seray très-marry que nul d’entreeux eust cognoissance, oultre que par ce qu’ils en auront peureprésenter par delà, ou ce qui s’en recognoistra cy-après, ilpourra y avoir lieu d’en juger autrement. Monsieur d’Espernonenvoyé au Roy la dépesche du courrier de Flandres, qu’on n’apas estimé debvoir ouvrir, pour n’entreprendre d’entrer dans lesecret, oultre que l’adresse a faict croire qu’il ne pourroit pas yavoir rien qui regardast la seureté de ceste province; il seroit àdésirer néantmoins qu'e, pour l’advenir, on eust ordre pour s’yrégler. J’estime, Monseigneur, qu’on aura le loisir de le recepvoir
(1) Dossier n° 114, tome I, pièce 34.