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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELTER SÉGUIER 3og

le temps y donnera encore plus de lumière, j’estimerois qu’ilserait bon de le transfe'rer à la Bastille ou au Chasteau-Trom-pette, ou en quelque autre lieu.

Je prends cognoissance de toutes ces affaires, Monseigneur, envertu d’une clause de ma commission, qui me donne pouvoir dejuger les procez criminels en dernier ressort contre ceux qui,depuis les derniers mouvemens de ceux de la R. P. R., se trou-voient avoir voulu troubler l’Estat. Ne'antmoins, ayant à présenticy des affaires de ceste nature et des gens de guerre, j’ose vousproposer s’il vous plairait me faire expe'dier une commission gc-ne'rale pour la cognoissance et jugement des affaires criminellesen dernier ressort, ainsy que l’on faict aux Intendans de la jus-tice dans les armées.

Je crois que l’on aura satisfaction très-grande, Monseigneur,du service important que Monsieur le duc d’Espernon rend auRoy en ceste conjoncture, nul autre que luy n’ayant peu porterles peuples de ceste province au point de la bonne volonté’ qu’ilstesmoignent. Il me parloit, il y a quelques jours, Monseigneur,de ce prisonnier qu’il retient au Chasteau-Trompette pour lefaict de ce que l’on luy vouloit imputer la se'dition de Bourdeaux.Je trouve que la difficulté qu’il faict de le remettre n’a autre fon-dement que la crainte qu’estant renvoyé au Parlement, on changesa déposition, ou que l’on le contraigne luy-mesme de se rétracter.Il m’est demeuré d’accord de le remettre, au cas que par arrestdu Conseil ou autrement, le Lieutenant criminel de Bourdeauxsoit commiz pour instruire le procez jusques à sentence définitivepar jugement souverain, ou à la charge de l’appel, ou qu’il soitrenvoyé au Parlement de Paris, ou en la Chambre de l’Arsenal.Je ne sçays, Monseigneur, sy.vous auriez agréable de luy faireexpédier cest arrest, qui luy tiendrait lieu d’une obligation biengrande, et ferait cesser les plainctes que l’on a faictes de luy surce subiet. Je suis et seray toute ma vye avecq entière fidélité,Monseigneur,

vostre très-humble, très-obéissant et très-obligé serviteur,

Verthamon.

A Bayonne, ce 19 octobre i636.

Monseigneur,

Depuis ma lettre escrite, j’apprends que ceste nuit Monsieur