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LF.S DESSOUS DE L’HISTOIRE
plus grand nombre d’hommes auprès de luy qu’il n’a, et pourles confirmer en ceste crainte, il faict faire les logemens pour20,000 hommes.
J’ay sçeu, Monseigneur, qu’il a este' arresté ung espagnol àTartas, lequel fut pris, il y a quelque temps, dans une pinasse,qui piratoit en la coste de Me'doc. Les François qui y furenttrouvez ont esté exécutez à Bourdeaux, et les estrangers y res-tèrent conservez comme prisonniers de guerre. Celuy-cy s’estévadé des prisons, et restera de voir sy ce n’est point unedeffense d’ung espion, ou qu’il n’en aye point faict le mestierdu depuis. Aussitost que Monsieur d’Espernon aura faict lepetit voyage qu’il veut faire lundy en la frontière, je luy propo-seray de l’amener en ceste ville.
J’ay trouvé ung autre prisonnier espagnol, Monseigneur, quiest ung prestre d’une paroisse voysine de la frontière, lequelessayoit d’induire ceux de Saint-Jean-de-Luz et de Sarhe (?) àune neutralité, en cas que l’Espagnol entras! le plus fort. Il sedefïend de n’avoir négocié qu’en Espagne pour le service de sonMaistre, et que par fraude il fut attiré et pris en ung ruisseauqui faict la limite et la séparation du Royaume. Bien que leprocez aye entièrement esté instruit par le Lieutenant généralde ceste ville, je n’ay pas laissé de commencer à interroger denouveau l’accusé pour le convaincre davantage et apprendre deluy ce que nous pourrons pour le service du Roy, et possibleencore pour l’affaire du sieur de S'-Pée Damon et du baron deSpelette.
J’ay désià pris la liberté, Monseigneur, de vous donner comptede ce que par la procédure qui fut portée par delà, il ne le pouvoitjuger innocent, ayant communiqué avecq l’estranger depuis larupture, tant par lettres qu’en lieux escartez, et mesme escrit etdonné advis que les 1,000 hommes de Labour ne se mettroientpoint sur pied. Ses excuses, que c’estoit à bon dessein pourempescher que les ennemys ne prissent eux-mesmes les armes,m’ont semblé du moins fort imprudentes, et s’il se trouve, parles nouvelles informations et interrogatoires que je feray, beau-coup d’autres particularitez que m’a dites Monsieur le comte deGrammont, il me semble que ce sera une conviction tout entière.La considération de Monsieur de Puyane, qui le croit innocent,Monseigneur, est ce qui me faict en demander ordre préalable,et sy on ne le vouloit pas juger présentement, comme possible