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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

d’Angoumois, qui, languissans désià, se croyent réduits à lafamine, sy l’on permettoit que le peu de grain qui est dans cesdeux provinces feust transporté par l’avarice de quelques parti-culiers qui en ont faict des greniers, pour profiter à la ruyne dupublic. Et me semble que Messieurs de Bourdeaux se doibventcontenter d’avoir tout celuy de Guyenne, et d’estre assistez encoredes fruicts de la plus grande province de France, qui est le Lan-guedoc. L’arrest qu’ils ont donné, dont le porteur vous fera voircopie, et de l’ordonnance que j’ay faicte, m’a obligé à la faire,non tant pour la considération de la nécessité des peuples deXaintonge et d’Angoumois, que pour l’inte'rest que je prenoisau service du Roy, car ayant mandé à Monsieur Le Tellier, parmes précédentes, qu’il y a en ce païs quelque soublèvement despeuples que je vais chastier, il est certain, et de cela n’en doubtezpas, que sy l’on permettoit le transport des bleds, tout le menupeuple courroit sus aux marchands, et une fois affriandez à laprise sans rien payer, indubitablement s’attrouperoient, et de làosteroient la liberté des chemins à tous ceux qui vont lever lesdeniers du Roy et feroient courrir risque de la recepte des taillesde Sa Majesté, car le peuple, une fois armé et soublevé, se sertde ses armes contre tous ceux qui luy demandent de l’argent.Lorsque vous me ferez cognoistre les sentimens de la Reyne etles vostres sur l’arrest de Messieurs de Bourdeaux et sur monordonnance, j’y obéiray, comme je doibs, avecq respect, mais jevous supplie, pour l’intérest du service du Roy, que mes raisonssoient pesées et leur conséquence considérée. Cependant, je de-meureray,

Monseigneur,

vostre très-humble et très-obéissant serviteur,

De Jonzac.

De Jonzac, ce 12' de décembre 1643.