CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER
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ANNÉE 1644
LETTRE DE M. DE LANSON (1)
Monseigneur,
Mon honneur m’obligeant de vous rendre compte de ma con-duite, j’ay expérience que vous avez assez de bonté' pour entendremes justifications sur les plainctes que l’on rend de moy, ainsyque l’on m’escrit, comme sy l’alliance que j’ay prise me rendoitinutile à servir le Roy en la province en laquelle ma femme, quiest originaire de Lymoges, n’a pour parent qu’ung frère uniquequi est Trésorier de France, et qui, depuis qu’il est en charge,a esté employé à toutes les commissions qui se sont présentéesconvenables à sa charge. Jugez, Monseigneur, quel mauvais effetceste alliance a peu produire, et sy j’ay manqué d’appuyer avecqchaleur l’effet de toutes les commissions desquelles j’ay estéhonoré î
Il est vray que j’ay creu les' debvoir conduire avecq tempé-rament et mesnager l’intérest du Roy avecq les forces des peuplesd’une province que vous cognoissez, prévenant les rébellions quej’ay veu esclater par tout mon voysinage et dans les employs deceux qui m’environnent, et de quoy, Monseigneur, vous avezcognoissance, sans que je m’explique davantage.
Quant à la levée des tailles, j’ay tasché d’éviter la procédureviolente et de conserver les peuples pour la payer plus d’uneannée, et je mets en faict que nous avons à proportion moins derestes dans l’estendue de mon employ que dans les autres, etpour presser les contribuables, je n’ay point refusé aux Receveursgénéraux, ny ma personne, ny les archers que j’ay, ny touteautre assistance qui aye esté dans mon pouvoir, faisant beaucoupde peur aux Commissaires et beaucoup de menaces pour lesexciter à leur debvoir, sans pourtant leur procurer nulle vexation,ny aucune despense.
Maintenant, je viens de parcourir le Bourdelois, l’Agenois, leCondomois et le Bazadois, vous asseurant que ces Eslections et
( 1 ) Dossier n° 114, tome IV, pièce 19.
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