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Tome I.
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LES DESSOUS DE L HISTOIRE

familles, de Pichon, de Pontac et de Lalanne, qui sont unies syestroitement par leur parente' et alliance, qu’elles ne font qu’unemaison, vous jugerez qu’il y a plus de quoy se satisfaire de lare'solution qu’on a prise d’obe'ir que de se plaindre des difficultezqui se sont trouve'es à en venir là. La vérité aussy est telle, qu’ila fallu que Monsieur le premier Pre'sident et nous ayons essuye'beaucoup d’orages et dissimulé plusieurs injures, pour faireréussir les affaires du Roy. Nous ne vous parlerons pas desmenaces faictes contre nos personnes et nos familles : nousespérons, dans les occasions, trouver en la protection du Roy et‘ en la vostre le préservatif contre tous ces maux. Nous vousprions seulement, Monseigneur, de nous permettre de vousmarquer les rebuts faicts à nos charges, en ce que, dans cesdélibérations assez irrégulières, ayant à requérir, de moment àautre, sur les occurences et la personne de chasque particulierqui se vouloit garantir de l’interdiction, on nous contraignoit desortir et rentrer à chasque bout de champ, avecq estonnementet mespris de ceux qui estoient au dehors, et dedans on nousescoutoit avecq tant de tumulte, que nous avons esté obligez devenir à ceste extrémité de donner nos réquisitoires par escrit eten forme de requeste. Nous advoüerons qu’il nous est glorieuxde souffrir pour le service du Roy, mais aussy il est importantpour son service que nos charges ne soient ny odieuses, nymesprisées dans la Compagnie. Pour l’autre, vous nous garan-tirez, s’il vous plaist, Monseigneur, du mespris, par les voyesque vous jugerez les plus propres, affin de nous rendre plusutiles de servir Sa Majesté. Agréez cependant que nous vouspriions et demandions, avecq tout respect, le restablissement dece nombre de parens interdits, dont l’absence retarderoit lesaffaires et causeroit beaucoup de pre'iudice aux parties dansl’administration de la justice, et que nous vous supplions très-humblement de moyenner. Que sy le Roy leur faict ceste grâce,il plaise à Sa Majesté et à vous, Monseigneur, de marquer quece que Monsieur le premier Président et nous luy avons re-monstré sur ce subiet n’a pas peu servy à leur restablissement.Après quoy il nous reste encore à vous supplier très-humblementde considérer que, oultre ce que le restablissement du sieur deLalanne a esté très-rude à tous les gens de bien, à cause de lanotoriété de son crime, il seroit encore très-préiudiciable auservice du Roy et au bien de sa justice par l’accroissement de