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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

sentons désià les effets des menaces qu’ils nous firent dès lecommencement. Comme ils se sentent extraordinairement obligezà Monsieur le Procureur général, et qu’oultre ce qu’il a, disent-ils, souffert pour eux, le sang et la parente' les engagent dans sesinte'rests, ils ont cherche' les moyens de le re'compenser toutensemble et de se venger de nous, dans la première occasion desChambres assemble'es qui s’est rencontre'e. Après son restablis-scment, il a faict paroistre une nouvelle pre'tention et qu’iln’auroit jamais conçeüe, sy, dans la confiance de l’appuy de cesMessieurs, il ne se croyoit en estât d’entreprendre les choses lesplus extraordinaires. Il rompit la parole au plus ancien de nous,disant que c’estoit à luy de parler dans les Chambres assemble'es,et ne fit que proposer sa demande sans la soustenir par aucunexemple, ny par aucune raison, bien asseure' qu’il estoit de lapluralité' des voix. Oultre qu’il choquoit en cela le principe leplus ge'ne'ral de nos charges, qui luy donne la plume et à nous laparole, encore dans ceste occasion il s’agissoit de de'libe'rer surl’arrest donne' par le Roy, le neufviesme mars, dont Sa Majesténous avoit faict l’honneur de nous commettre l’exe'cution, et luyavoit assez marqué qu’Elle n’avoit pas eu agréable qu’il se feustmeslé de ceste affaire ; sy est-ce que dans une cause sy évidente,tout ce que nous peusmes faire, Monseigneur, fut d’empescherqu’elle ne se jugeast icy et de gaigner le temps nécessaire pourrecourir à l’authorité du Roy, qui nous doibt régler. La Courordonna, comme elle a faict depuis dans toutes les délibérationssuyvantes, que nous rapporterions de part et d’autre le tiltre denos prétentions, et cependant que nous ne serions point ouys,à quoy opinèrent tous les parens de Monsieur le Procureurgénéral et ceux de Monsieur le président Lalanne, des inte'restsduquel il s’agissoit au fond, qui, depuis avoir faict ce coupcontre nous, ont esté déclarez par la Cour suspects en ces déli-bérations. A ceste contestation, Monsieur le Procureur généralen a adiousté depuis d’autres aussy desraisonnables, jusques àsoustenir qu’il n’est point obligé, dans les délibérations duParquet, de suyvre la pluralité des voix, ce qui nous obligera,Monseigneur, à poursuivre, soubz vostre advis, un règlementgénéral dans nos charges; mais, comme c’est une chose de longuehaleine, de qui cependant voilà toutes les poursuites des affairespubliques arrestées, et nous suspendus indirectement dans laprincipale fonction de nos charges, en revanche de l’interdiction