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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
synode tenu par eux à Charenton, il apporta, au mois d’avrildernier, une lettre du Roy, par laquelle Sa Majesté' mandoit àMonsieur d’Argenson que son intention estoit qu’ils fussent des-chargez des fraiz de ceste tenture, et qu’ils fussent pris sur lesdeniers de la boucherie de caresme, qui sont tous les ans dis-tribuez au pre'dicateur qui y presche, aux pauvres et religieuxde ceste ville, et employez à œuvres pies, ce qui ayant donne'lieu aux eccle'siastiques de se pourveoir vers Sa Majesté', Elleauroit escrit une autre lettre à mon dit sieur d’Argenson, parlaquelle Elle luy mande que son intention est qu’il soit tendu etpare' en la mesme façon pratique'e depuis la re'duction de cestedite ville en son obe'issance, jusques à ce que autrement par SaMajesté' y eut esté pourveu; mais comme ce Consistoire pensetousiours à estendre les grâces que leur a faictes le Roy au-delàde son intention, ils ont, par une surprise manifeste, faict glisseren la dite lettre que ceux de la Religion prétendue réforméeoriginaires de ceste ville seroient (contre ce qui s’estoit observéet dont ils avoient tousiours esté exclus) reçeus et admis dans lamaistrise des arts et métiers, ce qu’estant une voye pour em-pescher les catholiques de s’y venir establir, mais mesme ungmoyen indubitable (par les mauvaises maximes qu’ils tiennentde n’en employer jamais aucun, s’ils peuvent trouver des artisansde la Religion prétendue réformée) d’obliger ceux qui s’y sontestablis de s’en retirer. J’ay creu de mon debvoir, Monseigneur,de celuy de ma conscience et de ma charge, de vous en donneradvis, et par la qualité dont m’honore ceste dernière, d’imploreren ceste occasion, qui regarde purement le bien de l’Église etceluy de la Religion catholique, vostre protection et vostrejustice, les effets desquelles donnant lieu à l’augmentation de lafoy en ceste ville (où le nombre des catholiques est fort petit etceluy des religionnaires extresmement grand), le donneront pa-reillement à tous les gens de bien de continuer avecq zèle leurstrès-humbles prières vers le Ciel, pour qu’il vous donne, enparfaite santé, longue et heureuse vye. Ce sont les vœux de,Monseigneur,
vostre très-humble, très-obéissant et très-fidèle serviteur,
Brisson,
Procureur du Roy à La Rochelle.
De La Rochelle, ce 19 e juin 1645.