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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER

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LETTRE DE MM. DUSAULT ET DE LAVIE (i)Monseigneur,

Nous avons este' obligez autrefois de vous porter nos plainctesdu traitement que nous faisoit Monsieur le pre'sident Pichondans la poursuite des causes du Roy, pendant qu’il tenoit lesaudiences en l’absence de Monsieur d’Aguesseau, leur premierpre'sident en ce Parlement. Vous tesmoignastes, Monseigneur,n’approuver pas la pre'tention qu’il avoit de nous obliger, commeles simples Procureurs des parties, à luy demander l’audience etluy donner nos placets, ou en particulier, ou en public, et lacognoissance que vous en donnastes à Monsieur d’Aguesseau,avecq la conside'ration que Monsieur le premier Pre'sident age'ne'ralement pour tous les inte'rests de Sa Majesté' et pour lespersonnes qui les poursuivent, avoit faict cesser jusques icy lesubiet de nos plainctes. Monsieur le pre'sident Daffis, qui aquelque chose sur le cœur contre nous pour les dernières oc-curences qui se sont pre'sente'es en ce Parlement, avoit sçeu cestequerelle que nous avoit faicte Monsieur le pre'sident Pichon, eta creu nous pouvoir marquer son ressentiment, et l’absence deMonsieur le pre'sident La Tresne, qui pre'sidoit ceste anne'e àla Tournelle, luy a fourny la mesme occasion qu’avoit donne'eà Monsieur de Pichon, dans la Grand’Chambre, l’absence deMonsieur d’Aguesseau, et il s’en est servy avecq tant de chaleur,que nous sommes obligez, Monseigneur, à vous en porter nosplainctes, et à vous demander très-humblement de nous rendrela liberté de nos fonctions. Nous croyons que vous trouverezestrange que les Pre'sidens, qui se dispensent de garder les or-donnances et de faire appeler les causes par rolle, dans lequelcelles du Roy doibvent estre les premières, ne se contentent pasqu’on dissimule ceste authorité qu’ils entreprennent, mais veulentencore obliger le Roy, ou ceux qui ont l’honneur de parler pourluy, de leur aller demander l’audience, ce qui estant de soy hon-teux, et pour le Maistre et pour ses Officiers, seroit encore plusincommode dans la Tournelle, que la poursuite des crimes, oùil n’y a point de parties, nous oblige tous les jours à y demander

(i) Dossier n° 114 , tome IV, pièce 88.