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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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de Languedoc, m’a presse' de luy permettre l’establissement denombre de controlleurs dans plusieurs villes de ce gouvernement,qui sont à cinq lieues de distance de la frontière des pais où lagabelle est establie, ce qu’il dit n’estre à autre effet que d’em-pescher le faux saulnage. Mais c’est une chose sy préiudiciableau service du Roy, tant pour la leve'e des tailles et autres impo-sitions, que pour le repos et la tranquillité' de ceste province,quelque couleur et pre'texte qu’il ayt peu donner à cest establis-sement, que j’ay creu que je ne le debvois pas souffrir, d’autantque par ce moyen il donne à ces controlleurs toutes les fonctionsqu’ils ont dans les lieux où la gabelle est establie, ce qui estl’establir en effet. A quoy je me suis d’autant plus librementre'solu, que ce pouvoir ne luy a pas este' accorde' par son bail.Aussy se fonde-t-il seulement sur ce qui se pratique en Au-vergne, m’ayant faict voir une copie d’arrest du Conseil sur cesubiet, laquelle ne justifie point que cest establissement soit telqu’il le pre'tendoit faire en ceste province, et quand cela seroit,je vous repre'senterois, Monsieur, que les peuples de ce gouver-nement sont tellement esmeus au seul nom de gabelle, quoyquecela ne les regardast pas, ainsy que ceste affajre faict qu’ils sem-blent estre hors d’eux-mesmes, lorsqu’ils en entendent parler.Et il est arrive' qu’ayant este' faict autrefois ung pareil establis-sement à Auvillar, cela esmeut une grande se'dition, en laquelleil y eut plusieurs meurtres, et deffunt Monsieur le duc d’Es-pernon, mon père, eut ordre du Roy de faire retirer les officiers,qu’on eut beaucoup de peyne de garantir de la fureur du peuple.Il en arriva une autre au Mont-de-Marsan pour ce mesme subiet,d’où Monsieur de Verthamon, qui s’y estoit transporte' pour enfaire l’establissement, fut contraint de se retirer. A quoy j’adious-teray que les sieurs Dalies et Boucault, qui sont commis à laleve'e des deniers du Roy, s’y opposent, et m’ont déclare' qu’ilsne les pourroient plus lever, sy cest establissement avoit lieu ;qu’il y auroit mesme du danger pour eux, lorsqu’ils iraient dansles lieux particuliers pour en faire les levées, et que les peuplesles prendraient pour des officiers de gabelle. Je m’asseure qu’ilsne manqueront pas d’en faire leurs remonstrances au Conseil.Ils ont esté trouver Monsieur de La Margrie, intendant de cesteprovince, pour luy en faire leurs plainctes et’former leur oppo-sition.

Oultre ce que dessus, je vous dirây, Monsieur, que tout le