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Tome I.
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LES DESSOUS DF. l’hISTOIRE

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monde a cognoissance, en ceste province, que tous les inte'ressezen ceste ferme n’ont choisy pour leurs officiers dans le Rouergueque des personnes diffame'es, et qui ont este' condamne'es auxgalères et en d’autres peynes corporelles par Monsieur de LaTerrière, pour avoir trempe' dans les se'ditions et pour avoir esteconvaincues de plusieurs crimes et mauvaises actions, à quoy ilest très-ne'cessaire de pourveoir pour le bien du service du Royet le soulagement du peuple, et d’en mettre d’autres en leurplace, qui soient sans reproche, de crainte que ces gens, qui sonthaïs non-seulement du peuple, mais encore des plus honnestespersonnes, n’ayent, par le moyen de leurs employs et commis-sions, le pouvoir de faire des affronts ou embarrasser dans desprocez et mauvaises actions ceux qui leur ont este' contraires,dont l’on n’a veu que trop d’exemples.

Ces raisons me portent à vous supplier de conside'rer l’impor-tance de ceste affaire et de prendre garde au de'sadvantage quele service du Roy recepvroit, s’il arrivoit quelque se'dition enceste province pour ce subiet. La suitte indubitable seroit la ces-sation de la lcve'e des deniers royaux et les meurtres de plusieurspersonnes innocences. Vous sçavez ce qui est arrive' en Rouergueet à Dax pour moindre subiet que celuy-cy, et le peuple estencore fort esmeu à Dax, et leur disposition n’est guères meil-leure qu’elle estoit l’anne'e passe'e, estant aussy unis avecq leursvoysins qu’ils l’estoient, ce que j’ay appris par la bouche dusieur Laminssans, qui m’est venu trouver exprès à Agen pourm’en advertir. Je ne doubte point que vostre affection au biendu service du Roy ne vous porte à rompre le cours au mal quecest establissement causeroit à ceste province, qui vous en serad’autant plus oblige'e, que ce seroit sa ruyne entière, qui est laseule cause qui m’oblige de vous en parler, à quoy je n’adious-teray que la prière que je vous fais de me continuer l’honneurde vos bonnes grâces, et de me croire tousiours,

Monsieur,

vostre très-humble et très-affectionne' serviteur,

Le duc d’Espernon.

Mirande, le 21 novembre 1645.