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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGÜIER

D7D

ANNÉE 1646

LETTRE DE M. DE PONTAG (1)Monseigneur,

Je me trouve oblige' de joindre en particulier mes très-humblessupplications à celles de la Compagnie à laquelle j’ay l’honneurde pre'sider, et parce qu’il vous a pieu me faire ceste grâce dem’agre'er pour son chef, et qu’en ceste qualité' j’ay faict, à cesteSaint-Martin dernière, les ouvertures de la Cour selon les anciensusages et en la forme que mes devanciers l’ont pratique'e, quiest le subiet de la plaincte que le sieur de Pichon, pre'sident duParlement de Bourdeaux, a ordre de vous faire de la part de saCompagnie. Sa remonstrance vous semblera, je m’asseure, Mon-seigneur, d’autant plus hors de propos, qu’elle vient aujourd’huycontre une possession de longues anne'es. Ung chef de Compagnie,qui feroit moins de gloire d’estre absolument de'pendant de vostreauthorite', ou qui seroit moins attache' à vostre personne, s’esti-meroit malheureux de voir former une querelle et eslever ungorage sur sa teste après une longue tranquillité', à la premièrefois qu’il a monte' sur le tribunal de justice pour faire les ouver-tures d’une Cour souveraine avecq les esloges et les attributs desa dignité', et j’attribuerois à une infortune extraordinaire de voirressusciter contre moy seul l’envie qui a semble' esteinte en lapersonne des sieurs de Laubardemont et de Foulle', mes devan-ciers, pendant l’espace de vingt anne'es qu’ils se sont maintenusdans la possession de faire les ouvertures de la Cour en robesrouges, à l’exemple de toutes les Cours des Aides de Francese'pare'es des Parlemens, sans que je sçav et que chacun cognoisttrès-bien que Messieurs du Parlement de Bourdeaux ne cherchentaujourd’huy ceste querelle à la Cour des Aides que parce quej’ay l’honneur d’en estre le chef, et qu’ils ne l’attaquent en mapersonne, que d’autant que je passe dans leur esprit et celuy detous les subietz du Roy dans ceste province pour vostre cre'ature.C’est donc à vous seul, Monseigneur, pour suyvre et les senti-

(1) Dossier n° 114, tome V, pièce 7.