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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER 3g I

n’y a pas subiet d’espérer que ses successeurs abbés en iouissent,auxquels il sera tousiours plus honorable et plus advantageuxde faire exercer la justice par leur juge seul en leur ville. Sy ondit que la ville se rendroit plus puissante par ceste érection, ellese diminueroit d’ailleurs par la fainéantise qui suit ordinairementles gens qui ne vivent que de procez et par la diminution ducommerce, qui seroit moindre à mesure que ses habitans, quis’emploient au trafic, achepteroient des offices et quitteroient laprofession de leurs pères. Pour la Religion catholique, on avoiteu dessein de l’establir plus fortement à Montauban par ungPrésidial composé d’Officiers tous catholiques, qui seront moinsconsidérables, plus on retranchera de leur ressort. Oultre queles villes de Moyssac, de Castelsarrasin et de Montech four-nissent bonne partie des Officiers qui s’habituent à Montauban,sy on joinct ces trois villes dans ung nouveau ressort de Moyssac,elles ne fourniront plus d’Officiers catholiques à Montauban,d’où ceux qui y ont pris office et sont originaires des dits troislieux, tascheront de se retirer pour se placer à Moyssac, et cestinte'rest de religion n’est pas séparé du bien de la province et del’Estat, pour la considération de ceste ville et du nombre desprétendus réformez qui y habitent. Vous jugerez, Monsieur, syces considérations sont plus raisonnables et doibvent estre plusfortes que le peu de profit qui reviendroit au Roy par cest esta-blissement d’ung nouveau Présidial. Vous m’obligerez, s’il vousplaist, de les faire valoir et appuyer de vostre authorité, commeje vous en supplie, et suis de tout mon cœur,

Monsieur,

vostre très-humble et très-affectionné serviteur,

Le duc d’Espernon.

De Montauban, ce 21 d’avril 1648.

LETTRE DU DUC D’ÉPERNON (1)

Monsieur,

Le différend entre Monsieur le comte de Clermont et le marquis

(1) Dossier n° 87, pièce 12.