I.ES DESSOUS DE L HISTOIRE
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de Canillac m’obligea principalement d’aller à Montauban la se-maine de Pasques. On y traita ceste affaire soigneusement et onla termina heureusement le 21 de ce mois, et avecq satisfactionet grand advantage de Monsieur le comte de Clermont, en lapersonne duquel nous considérions l’honneur qu’il a de vostrealliance, et ceste conside'ration servit aussy sur l’esprit du ditsieur marquis pour le faire relascher de ses pre'tentions. Lemesme jour 21, je fus près de Tholouse, à Grenade, où nousaccommodasmes le lendemain le marquis de Rabat avecq l’e-vesque de Rieux (?), qui y reçeut une satisfaction raisonnablepour ung valet, de ses domestiques, qui avoit esté frappé parle marquis. J’estimay cest accommodement nécessaire, non-seulement pour les personnes de qualité qui estoient en cesdifférends, mais pour les suittes fascheuses d’attroupemens, plusà craindre en ces temps de mescontentement des peuples qu’ilsn’ont jamais esté. J’appris à Grenade, par lettre des Jurats deBourdeaux, qu’ils y craignoient une esmotion de peuple sur lesbruits d’une nouvelle imposition du sol pour livre, et je partisen mesme temps pour descendre sans intermission à Bourdeaux.Hier, par lettres des mesmes Jurats et de Monsieur le premierPrésident, j’appris que Monsieur de Lanson, que le peuple soup-çonnoit estre à Bourdeaux pour ceste imposition, en estoit partvde I’advis du Parlement et avoit esté accompagné, comme ill’avoit désiré, par les Jurats jusques dans le basteau qui ledebvoit porter à Bourg, pour tascher d’y donner quelque ordre àla licence avecq laquelle y vivent quatre compagnies de cavalleriequ’on y a envoyées de Xaintonge. Je me rendray, Dieu aidant,en deux jours à Bourdeaux, pour y porter tout l’ordre qui mesera possible et estouffer une sédition qui s’allumeroit et s’es-tendroit très-facilement dans ceste province, après la chargeextraordinaire de gens de guerre qu’elle a portée depuis cinqmois et qu’elle porte encore, et la difficulté de payer les tailleset deniers du Roy, et en ce mescontentement des Officiers deParlement et des sièges présidiaux, à cause des semestres et desdistractions de jurisdiction et des érections de nouveaux siègesdont on les menace. Nous avons d’autre costé, dans la valléed’Aran, advis que les ennenrys ont pris quelques petits chasteauxet s’avançoient vers nostre frontière. J’ay envoyé au sieur deSignan, brave gentilhomme, et aux vallées de France sur cestefrontière, les ordres nécessaires pour s’opposer aux ennemys s’ils