CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER
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chaine, espérant qu’en l’ung des deux ordinaires qui arriveronticv de Paris demain et lundy prochain, nous recepvrons les décla-rations du Roy, qui ont esté vérifiées à Paris, affin de les fairevérifier aux Parlement et Cour des Aides de ceste ville, et jeleur ay demandé ce délay comme une obligation que j’auroistrès-sensible, tant à ceste Compagnie en général, qu’à tous lesparticuliers qui la composent. Ils me l’ont accordé de bonnegrâce. Il me reste à vous supplier, Monsieur, sy avant quede recepvoir ceste lettre, vous n’avez pas encore envoyé cesdéclarations, de vouloir prendre quelque soin qu’elles soientenvoyées au plus tost, et d’user de pareille diligence pour lesautres déclarations que vous jugerez cy-après à propos d’envoyerès provinces. Nous faisons et ferons icy tousiours tout ce quinous sera possible pour contenir et mener toutes choses enl’estât qu’on peut désirer à la Cour; maie n’ayant pas affaire àdes communautez soublevées, mais à des Compagnies souve-raines, qui prétendent estre fondées en droit et en ordonnance,qui mettent les peuples de leur costé par leur inte'rest, et qui sontanimées par les exemples et les lettres de Paris, et ont encoreplus de chaleur qu’il n’y en a à Paris, nous ne les pouvons pasappaiser avecq de simples paroles, ny arrester leurs délibérationsavecq des promesses : ils défirent des effets qui ne peuvent venirque du Roy. Après la résolution prise de différer la publicationde l’arrest contre les Intendans, j’ay esté prié par la Compagnied’assister à la délibération qu’on vouloit prendre pour deffendrela levée de quelques droits qu’on dit exigez sans tiltre. J’ayproposé qu’on particularise et qu’on examine séparément chasquedroit dont on veut empescher la levée, de peur que s’ils don-noient ung arrest général, comme plusieurs en avoient estéd’advis, contre tous les droits qu’on lève sans tiltre, ils don-nassent subiet au peuple de refuser le payement de tous lesdroits ordinaires et bien establis. Oultre laquelle raison je con-side'rois en moy-mesme qu’en les arrestant à délibérer sur diversdroits en particulier, nous gaignons autant de temps qui nouspeut donner advantage. Ils ont pris cest advis et ont délibérésur quelque imposition qu’on exige sans droit, dont je ne vousentretiens pas, sçachant que vous en serez plus amplement in-formé par quelques Officiers de ceste Compagnie. J’agiray commej’ay commencé, avecq toute la diligence imaginable et tout lesoin que vous pouvez désirer,