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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

4 II

et les parties pouvoient venir aux mains. J’en repre'sentay laconse'quence et dis qu’en ceste cause je ne debvois pas opiner,me re'servant à faire valoir par les armes l’authorité du Roy etconserver le repos de la ville en cas qu’il feust troublé en cesteoccasion; et par autres discours que je tins à ce propos, jeportay l’Assemblée à se contenter d’avoir de'sià donné, quelquesjours auparavant, ung arrest qui casse celuy de la Cour desAides, qui est une guerre de plume entre deux Cours souve-raines, dont le Conseil vuidera le différend.

Il y a ung subiet de querelle entre les catholiques et huguenotzde Périgord, qui mérite bien, Monsieur, que vous en informiezle Conseil du Roy, affin d’y donner ordre. Le curé de Mu-cidan, ville qui appartient à Monsieur le mareschal de La Forceet habitée de huguenotz pour la pluspart, s’est adressé depuisquatre ou cinq mois à ce Parlement, affin de faire rebastir l’égliseparoissiale dont il est titulaire, nommée Nostre-Dame du Roc.Il a obtenu arrest en vertu duquel ung Conseiller du Présidialde Périgueux s’est transporté sur les lieux et a picqueté la placeoù l’on debvoit bastir sur les vestiges de l’ancienne église, quifut commencée à ruyner, il y a plus de soixante et dix ans, etentièrement desmolie depuis vingt-quatre ans. Des gens, qu’ondit avoir esté envoyez par Monsieur le mareschal de La Force,allèrent arracher les picquets, et, sur la plaincte que le dit sieurmareschal me fit, par une de ses lettres, des entreprinses ducuré, je manday le prestre, examinay ses tiltres, ses arrests et sespreuves, qui portent qu’il y avoit dans la première enceinte duchasteau, sur ung rocher ou lieu éminent à Mucidan, une égliseparoissiale sous le tiltre de Nostre-Dame du Roc, qui estoit vi-sitée avecq tant de dévotion, que la pluspart des pèlerins, qui yvenoient en grand nombre de toutes parts, montoient tous lesdegrés du rocher à genoux, et dans l’église estoit escrit en grandscaractères romains : « Rupes mea Christus ideà non movebor », et jedéclaray aux gens du dit sieur mareschal que je trouvay la causedu curé juste, trouvant seulement à redire que le curé n’eustrendu au dit sieur mareschal aucune civilité avant que d’entre-prendre ceste affaire. Le curé, par mon ordre, alla pour réparerceste faulte et faire entendre ses raisons au dit sieur mareschal,qui, estant lors malade, n’en eut pas le loysir, ny le prestreassez de patience pour attendre, ou de considération pour re-tourner une autre fois donner ce contentement au mareschal de