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LES DESSOUS DE L HISTOIRE
La Force. Le cure' poursuit son entreprinse et a joinct à sacause tout le clergé de Périgueux. Je reçeus, ces jours passez, unelettre d’ung des vicaires-généraux du dit diocèse, qui porte ques’estant rendu à Mucidan à dessein de dresser ung autel et deplanter une croix au lieu où l’on doibt rebastir l’église, il avoitesté adverty que les huguenotz environnoient de barricades toutle rocher sur lequel estoit autrefois l’église et le chasteau, et ytenoient nombre d’hommes armez, et qu’ils venoient en armesdes lieux voysins avecq trompettes et tambours; qu’il en avoitdressé procez-verbal et leur avoit faict entendre qu’il avoit seu-lement dessein de se présenter sans faire effort pour entrer, maisbien se retirer sy on luy refusoit l’entrée. Je luy manday d’en-voyer son procez-verbal à la Cour, et fis dire au mareschal de LaForce que s’il vouloit suspendre et arrester l’effet des arrests duParlement, il se debvoit adresser au Conseil, et que je ne mepouvois dispenser de donner main-forte à la Justice, ny souffrirqu’il employast la force et la violence contre les arrests, pourempescher le restablissement d’une église des catholiques. Vousadviserez, s’il vous plaist, Monsieur, s’il est bon de contenter leclergé de Périgueux ou le mareschal de La Force, et sy vousjugez à propos de différer l’exécution de l’arrest de ce Parlement,il est aisé, sans que le Conseil du Roy y paroisse ou s’en mesle,de faire que l’Évesque, nommé pour Périgueux, escrive au clergéde ce diocèse pour retarder autant que l’on voudra. Le procédédes huguenotz me semble injuste et violent; vous pouvez mieuxjuger par delà s’il est à propos de les réduire par force à obéir,ou bien dissimuler ceste saillie.
Le temps que le Roy avoit marqué pour le payement du droitannuel des offices de ce Parlement estant sur le point d’expirer,j’estime, Monsieur, qu’il seroit à propos d’en envoyer la proro-gation, affin que la grâce que l’on a faicte à ce Parlement ne luysoit point inutile, et nous serve pour modérer les esprits et lestenir, par le lien d’affection et de recognoissance, dans le respectqu’ils doibvent aux volontez du Roy.
J’escris à Monsieur le Cardinal que je suis adverty que Mon-sieur l’Évesque d’Aire ne cesse de déclamer contre moy, commesy je l’avois contraint, par mes injustes violences, de sortir deson diocèse, et je supplie Son Éminence de m’en faire justice;qu’il est honteux au Roy, à la Reyne et aux Ministres qu’onpublie qu’ung Évesque est chassé de son évesché par ung Gou-