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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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verneur de province, qui doibt luy procurer sa seureté et uneentière liberté de faire ses fonctions. Qu’on sçache sy je luy ayfaict ung mauvais traitement, qu’il m’accuse s’il veut juridiqueret que l’on m’entende sur ses plainctes, mais qu’on ne souffrepas qu’il tienne à Paris des discours injurieux au Roy, à laRégente et au Gouvernement, à mon désadvantage, pendant queje ne cesse de travailler icy pour le service de Leurs Majestez etla satisfaction de Messieurs les Ministres. Quand il déclamoit enson synode, à Aire, contre moy, et qu’en ses ordonnances pourpublier le Jubilé il me traitoit de persécuteur de l’Eglise, il disoitque Son Eminence luy serviroit de second contre moy, qui n’aypoint d’armes que pour Son Eminence et qui ne demande autrechose à l’Évesque, pour tous les maux qu’il m’a voulu faire,sinon qu’il me paye ce qu’il doibt à la succession de feu Mon-sieur le Cardinal, mon frère. Je vous supplie, Monsieur, defavoriser ce juste et raisonnable soin que j’ay de ma réputationcontre les calomnies et les discours d’ung homme duquel vouscognoissez le mérite; et s’il estoit possible, comme il seroit très-juste, de luy commander de venir rendre le service et faire leséjour qu’il doibt en son diocèse, on luy feroit ung bien qu’il nepeut pas comprendre, et l’on donneroit à deux ou trois autresqui courent incessamment et se disposent d’aller cest hiver fairedu bruit à Paris et vous importuner pour le poisle, ung exempleet advertissement très-utile d’estre sages et modérez comme lesEvesques le doibvent. Excusez, s’il vous plaist, Monsieur, unesy longue lettre : l’affection que je sçays que vous avez pour moym’oste la crainte de vous estre importun en vous descouvrantmes pensées et désirs, et vous entretenant sy amplement desaffaires publiques et de celles qui me touchent en particulier. Jevous supplie de me continuer en toutes ces rencontres la faveurde vos assistances, et croire que je suis d’une façon toute parti-culière et avecq une constance immuable,

Monsieur,

vostre très-humble et très-affectionné serviteur,

Le duc d’Espernon.

De Bourdeaux, ce i 3 d’aoust 1648.