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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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LETTRE DE M. DUBERNET (i)

Monseigneur,

Je suis infiniment marry de ne pouvoir vous rendre meilleurcompte des ordres qu’il vous a pieu me donner sur la déclarationdu dernier de juillet. Nous combattons à sçavoir s’il y faut déli-bérer auparavant que les propositions faictes pour le convoysoient conclues. Messieurs des Enquestes représentent ceste dé-claration sy importante et sy difficile, qu’il leur faut beaucoupde temps pour l’examiner dans leurs Chambres, ou, pour mieuxdire, ce que le Parlement de Paris fera après ces festes. Mon-sieur d’Espernon agit de son costé dans la créance pourtantque les esprits de deçà ne seront point calmes, tandis que ceuxde Paris leur monstreront les exemples qu’ils leur ont donnezjusques à maintenant. Nous en avons encore d’ailleurs, etrécemment ung arrest de Tholouse contre les Présidiaux deLimoux, de Rhodez et Montauban fortifia les poursuites desSe'neschaussées de Guyenne et de Xaintes contre les Présidiauxde Libourne et de Marennes. Je m’attache plus, Monseigneur,aux choses générales, et je voudrais bien que ces faux zélésagissent dans les particulières seulement, auxquelles l’authoritédu Conseil se trouvant blessée, vous remédierez bien tousiours.Et encore qu’il y ayt mauvais exemple donné aux peuples, tou-tefois les choses, où ils sont intéressez et surchargez, sont, sanscomparaison, plus dangereuses à esmouvoir. Je prie Dieu, Mon-seigneur, que vous puissiez bientost mettre l’authorité royale àtel point, que nous soyons hors de ces désordres, lesquels, certes,durent trop longuement. Cependant, nous gaignerons autant detemps que nous pourrons, et je demeurerais tousiours avecq lerespect que je doibs,

Monseigneur,

vostre très-humble et très-obéissant serviteur,

Dubernet.

A Bourdeaux, ce 16 aoust 1648.

Je vous envoyé, Monseigneur, une lettre de nostre Compagnie

(1) Dossier n° 114, tome V, pièce 68.