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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
ordonnera ce qui luy semblera bon. Je suis avecq passion,Monsieur,
vostre très-humble et très-affectionne' serviteur,
Le duc d’Espernon.
De Bourdeaux, ce 24 d’aoust 1648.
LETTRE DU DUC D’EPERNON (1)
Monsieur,
J’allay passer dimanche, lundy et mardy derniers, qui estoientfestes, en ma maison de Cadillac, d’où je vins hier disner enceste ville pour y continuer ma résidence, autant que le servicede Sa Majesté'.le demandera. J’appris en arrivant que ce Par-lement, suyvant l’exemple de celuy de Tholouse, avoit ce matin-là mesme donne' arrest contre les Présidiaux de Libourne et deMarennes, et contre quelques offices de nouvelle cre'ation èsautres Présidiaux de son ressort. En mesme temps se sonttrouvez icy les de'putez de la ville de Rhodez, pour me prier deprote'ger leurs droits et ceux de leur Présidial contre l’arrest duParlement de Tholouse, qui supprime le dit Présidial, et m’as-seurent que, sans la conside'ration qu’eux et les habitans deVillefranche de Rouergue ont pour moy, leur pais seroit main-tenant en ung extresme de'sordre; et je vous puis asseurer,Monsieur, que s’il commençoit en ce lieu-là, il auroit unefascheuse suitte, tant dans le Languedoc que dans ceste pro-vince, et qu’il est malaise' que les Officiers, qui sont les prin-cipaux et plus puissans des villes, poussez au-delà de leur propreinte'rest par les sollicitations de ces deux Parlemens, jaloux del’exe'cution de leurs arrests, ne causent enfin quelque mouvementpérilleux parmy les peuples, sy on ne reçoit quelque règlementdu Roy qui arreste ces diffe'rends.
Hier, je fus adverty par les Jurats qu’il y avoit sept ou huitcens hommes sur le port, résolus d’empescher qu’on chargeastde bled ung navire selon la liberté' du commerce, que ces mutins
(1) Dossier n° 87, pièce 27.