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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER 429

puissans, tant dedans la Grand’Chambre qu’ès Enquestes de ceParlement, et de les exhorter de donner au Roy la satisfactionque Sa Majesté' de'sire pour l’imposition des deux escus partonneau, je n’ay peu obtenir qu’ils consentissent à une rétrac-tation de leur arrest, ou à la levée d’une partie de l’impôt, et lacognoissance de ceste disposition du Parlement m’a empesche'd’y entrer pour faire aucune proposition sur ce subiet, sçachantqu’infailliblement elle eust eu ung mauvais succez. Je n’ay pasaussy rien entreprins qui peust aigrir les esprits ou nous causericy du trouble, cognoissant les inclinations du peuple, et jugeantqu’il n’y a rien aujourd’huy plus ne'cessaire en France que deconserver la tranquillité' publique. Je prends garde à ce que faictle Parlement, qui, suyvant ses arrests préce'dens et soubz pré-texte de proce'der à la vérification des dernières de'clarations duRoy, a résolu de continuer à prendre cognoissance des leve'es d’ar-gent qui se font sur le peuple. Ils disent qu’ils ne-veulent pointtoucher à celles qui sont establies par Edits ve'rifiez ès Courssouveraines; qu’ils veulent délibe'rer de celles qui n’ont pointeste' ve'rifie'es, mais seulement establies par arrests du Conseil,ou par ordre de Messieurs les Surintendans ou Intendans desfinances, et qu’ils de'sirent empescher celles qui se lèvent sansaucun tiltre. En attendant que Sa Majesté' nous donne ses ordres,que j’envoye demander sur ce subiet par le sieur de Saint-Quentin, je crois ne pouvoir mieux faire que de tascher à porterles Officiers du Parlement à ne deffendre point la leve'e d’aucunesimpositions, mais d’envoyer leurs plainctes ou remonstrances àSa Majesté', qui entendra leurs propositions, sur lesquelles, avecqcognoissance de cause, elle prendra sa re'solution. Le sieur deSaint-Quentin, auquel j’ay beaucoup de confiance, vous enpourra plus amplement entretenir, et vous asseurer très-parti-culièrement, comme je luy en ay donne' charge, que je vousconsidère et vous honore avecq une extresme passion de pou-voir me'riter par mes services très-humbles la continuation del’honneur de vostre amitié', et me faire paroistre,

Monsieur,

vostre très-humble et très-affectionne' serviteur,

Le duc d’Espernon.

De Bourdeaux, ce 29 novembre 1648.