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DES DESSOUS DE L’HISTOIRE
LETTRE DU DUC D’ÉPERNON (i)
Monsieur,
J’ay reçeu la lettre dont il vous a pieu m’honorer et vousdemeure très-oblige' de ceste faveur. Je ne doubte pas que vousne preniez avecq regret les résolutions qui diminuent aucune-ment le lustre des Compagnies, et qu’en ces occasions vousne vous y laissiez conduire par vostre sagesse ordinaire. J’auroisbien à vous dire, Monsieur, quelques choses qui pourroientexcuser les parens et alliez de Monsieur le président de Lalanne,et il ne seroit pas difficile de persuader que l’intérest particulierde quelques-ungs a eu plus de force après son ressentiment queaucune pensée de manquer au respect qu’ils doibvent au Roy.Vous cognoissez mieux que personne que le nombre de Présidensaugmenté diminue le prix de ces offices, et il pourrait estre quequelques-ungs du Corps du Parlement, se laissant emporter à laviolence de leurs mouvemens, auraient faict des déclarationsqui se trouveront, en beaucoup de choses, contraires à la véritédes registres, ce qui a donné lieu à l’arrest du Conseil. J’oseraisbien asseurer que les parens de Monsieur le président de La-lanne n’avoient plus d’intérest, leur parent estant restably, maisque leur intention, comme celle de tout le Corps, n’estoit pasde chocquer l’authorité du Roy. Ils vouloient seulement chercherles moyens d’éviter l’augmentation des offices, comme une chosequi est tousiours fort rude à toutes les Compagnies, ce que j’aycogneu estre véritable, et que j’infère de la pleine obéissanceque tous ont rendue à la volonté du Roy et à Parrest du Conseil.Le sieur Quiquebœuf, huissier du Conseil, vous dira comme iln’a trouvé nulle difficulté. S’il y a eu quelques contestations, cen’a esté que sur l’interprétation du mot de « parens », lequelne'antmoins a esté entendu jusques aux alliez, qui sembloientne pas debvoir estre compris sous le nom de « parens ». Il estbien juste, Monsieur, que le président de Gourgues soit satisfaitde ses intérests, et le Roy le doibt ordonner, mais je crois qu’ilest du bien de son service de terminer ceste affaire par la doul-ceur, et je ne doubte pas que quand on en donnerait l’ordre à
(i) Dossier no 87, pièce 33. Autographe.