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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

pagnie, qui m’avoit donné pour cela des ostages, entrèrent depuisdans la Maison de ville, comme bourgeois, et opinèrent au con-traire parmy le peuple, ce qui a este' trouvé fort mauvais par lesgens de bien.

Je n’ay jamais trouvé des humeurs sy difficiles, ny des espritssy esmeus. Encore que vous les cognoissiez fort bien, Mon-seigneur, j’ose vous dire qu’ils sont dans une situation touteautre que vous ne les avez veus. Leur haine contre Monsieurd’Espernon est estrange. Ils manquent tellement de civilité et derespect à son esgard, que cela n’est pas supportable. J’en escrisbien au long à Monsieur de La Yrillière les particularitez; jeluy fais aussy quelques ouvertures des moyens pour les obligerà faire autrement. Il ne reste plus que quelques gardes desbourgeois aux portes de la ville : je leur ay escrit de les faireoster aussitost que j’ay esté de retour auprès de Monsieur d’Es-pernon, qui m’a appris que les troupes du Roy marcheient pouraller en Catalogne, de sorte qu’il ne leur restera plus aucun subietde défiance, ny de penser que l’on veuille icy leur faire la guerre.Le réduit que l'on faict à Libourne est aujourd’huy le principalsubiet de leurs inquiétudes. Il faut renvoyer, à mon advis, leursdéputez conférer icy avecq Monsieur d’Espernon, affin qu’ils luyrendent ce qu’ils doibvent et que cela nous donne le moyen derestablir la bonne intelligence nécessaire entre eux pour le biendu service du Roy. Je suis comme je doibs,

Monseigneur,

vostre très-humble, très-obéissant et très-obligé serviteur,

Argenson.

A Cadillac, ce 8 may 1649.

Monseigneur, je crois que Messieurs de la Chambre de l’Éditvous feront prier de les transférer ailleurs. Ils sont las de cestroubles, où ils n’ont point eu de part, et plusieurs de cesteCompagnie ont tesmoigné qu’ils avoient ce dessein.