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Tome II.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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sera besoin de retenir de troupes dedans ceste province pour enasseurer le repos contre les entreprinses du Parlement; qu’ilseroit aussy fort à propos de m’envoyer des ordres pour faireprendre vifs ou morts des Officiers du Parlement ou autres quiferont des assemblées de nuit ou des actions publiques tendantesà se'dition et esmotion des peuples, et donner quelque juge quiles peust promptement informer et faire briefve justice des cou-pables, et donner aussy quelques ordres de razer les maisons desmesmes Officiers et des gentilshommes, s’il y en a, qui s’es-loignent de leur debvoir, comme ont faict le marquis de Lusignanet peu d’autres. Il est très-fascheux que le Parlement nous opposecontre l’authorite' du Roy l’authorité du Roy, et que ceux qui leservent puissent dire qu’ils servent seulement contre moy, nonpas contre l’Estat, et que la Cour laisse les choses en ceste con-fusion et ambiguïté', les meschans en cest advantage qu’ils ontl’impunité' de leur rébellion, mais encore de tous leurs autrescrimes, et les gens de bien et serviteurs du Roy dedans ceste mi-sère qu’ils sont perse'cutez dans leurs biens, leur vye et honneurpar les injustes de'crets et arrests de ceux qu’ils ont rendus leursennemys, pour n’avoir pas este' compagnons de leurs crimes etinfidélité'. Le sieur Augeard vous escrit les plainctes du mauvaistraitement qu’il reçoit de ceste Compagnie pour avoir esté contreeux au combat de Libourne, et toute la noblesse, qui a servy leRoy en ces occasions, se plaint des infâmes chicanes qu’on com-mence à leur susciter, et me presse de vous solliciter, Monsieur,comme je vous en supplie, de les favoriser au plus tost de vostrebonne justice et de leur accorder des évocations de leurs causes.Je vous prie de contribuer ce qui despend de vostre authorité,pour remettre au plus tost celle de Sa Majesté en l’estât où elledoibt estre dans ceste province. Sy les résolutions de la Coursont généreuses et comme elles doibvent estre, j’espère les fairebien valoir avecq l’aide de Dieu, pourveu qu’on ne diffère plus ànous les envoyer. Sy elles sont autres que je ne les désire et queje les ay proposées, c’est une plaie qui se rend incurable parfaulte d’y porter remède, j’auray ung desplaisir mortel de voirpérir l’authorite' de la Royauté et de la Régence, qu’on pouvoitaisément conserver, et auray toutefois le tesmoignage de ceuxqui, comme vous, voient mon procédé et cognoissent les ins-tances que je fais à la Cour, qu’il n’aura pas tenu à moy queles choses ne fussent en meilleur estât, et que je n’ay rien oublié