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Tome II.
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LES DESSOUS DE L HISTOIRE

lement de Paris, ils se crurent assez forts pour entreprendre laguerre avec leurs seules forces.

Le dimanche des Rameaux, ils convoquèrent au Palais lestrois Corps d’état de la ville, pour délibérer sur ce qu’il y avaitde mieux à faire pour s’opposer aux mauvais desseins que M. d’E-pernon semblait avoir contre eux.

Celui-ci, en effet, les leur avait fait suffisamment pressentir enfortifiant le Château-Trompette, où il s’e'tait retire' avec son ordi-naire et dont il avait double' la garnison; en s’emparant du bou-levard de Sainte-Croix et du château du Hâ, dont il avait faitsortir les canons pendant la nuit, pour les conduire de là àLibourne; en se saisissant des deniers du Roi, montant à unesomme de 7 à 800,000 livres; en appelant des troupes de Cata-logne et en les faisant avancer jusque sous les portes de Bour-deaux, bien qu’aux termes des privilèges de leur ville, et d’aprèsles déclarations du Roi, il fût de'fendu aux gens de guerre des’approcher de plus de dix lieues des Cours de Parlement poury camper; en mettant une garnison de 700 hommes dans Bazas;en allant ensuite à Libourne forcer les habitants à loger les gensde guerre; en les faisant tous de'sarmer; en faisant prisonniersquelques-uns des principaux de la ville; en permettant milleinsolences à ses soldats, qui, en sa pre'sence, avaient viole' desfilles de six à sept ans, et enfin, en faisant bâtir une citadellesur les ruines d’une e'glise cathe'drale et d’un hôpital.

Comme ils savaient que c’e'tait à eux que. M. d’Epernon envoulait principalement, ils pensèrent qu’il n’y avait plus unmoment à perdre, pour prévenir de sa part un pareil et peut-être pire traitement.

La haine de M. d’Epernon contre ceux de Bourdeaux e'taitmotive'e : i° par la de'fense que lui avait signifie'e la ville, aucommencement de l’anne'e, d’enlever une grande quantité' de bléqu’il voulait faire exporter en Flandres et chez les ennemis duRoyaume, lui en ayant donné seulement la permission pour10,000 boisseaux, sur lesquels il avait fait un bénéfice de10,000 livres; 2 0 par un arrêt du Parlement supprimant unimpôt de deux écus par tonneau de vin, qui avait été momen-tanément établi, et que M. d’Épernon voulait continuer aprèsle temps expiré, pour en faire son profit personnel; 3 ° par unautre arrêt, par lequel le Parlement avait cassé la Cour desAides.