LA FIN DE LA FRONDE A BORDEAUX
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assurément communiqué tous les détails à M. le prince de Conty.
Lorsque le Père Berthod apprit l’arrestation du Père Ithier, ilse trouva d’autant plus en peine, qu’il voyait toute la ville enarmes pour s’emparer de sa personne, et les portes fermées afinde l’empêcher d’en sortir. Le prince de Conty, en effet, qui s’étaitassuré, par la déposition de son prisonnier, que le Père Berthodétait à Bordeaux, tenait à l’avoir à tout prix, et M me de Longue-ville et Lesnet lui en voulaient encore plus qu’au Père Ithier.De son côté, l’Ormée criait à tue-tête qu’il fallait l’écharper sanspitié, et c’était une huée horrible contre ce pauvre Père. Sevoyant dans cette affreuse situation, il envoya deux personnes deconfiance, l’une chez les Capucins, et l’autre chez les Religieuxde Saint-Benoit, avec lesquels il avait eu quelques relations, etchargea ses deux confidents de demander à un certain Père dechacun de ces couvents s’il pourrait avoir une retraite assurée,pendant deux ou trois jours, dans leur maison. Par bonheurpour le Père Berthod, ces deux Religieux, qui venaient d’êtrechassés de la ville par les Ormistes et par la faction des Princes,ne s’y trouvèrent pas. Bien lui en prit, car, deux heures après,deux compagnies vinrent fouiller jusque dans les coffres de lasacristie des Bénédictins et des Capucins, pour s’emparer de lui,ainsi que du sieur Le Roux, qui, à la première nouvelle del’arrestation du Père Ithier, s’était enfui de sa maison.
Le Père Berthod se voyant à peu près perdu, car on visitaittoutes les maisons et l’on n’était déjà plus qu’à trois rues de celleoù il était, se résolut de monter à cheval et d’aller se jeter, tra-vesti comme il l’était, au milieu de la cavalerie des Princes, etune fois arrivé là, il se mit à se chercher, pendant six ou septheures, avec ses compagnons improvisés.
Pendant que les gens des Princes et de l’Ormée se livraient àcette perquisition inutile, les sieurs Daffiz, président du Par-lement, Bordes, conseiller, Ithier, bourgeois et parent du PèreIthier, furent faits prisonniers. Le curé de Saint-Pierre eut unejambe et un bras rompus. Celui de Saint-Barthélemy fut mal-traité et conduit dans une tour. C’était, par toute la ville, unerage incomparable contre les malheureux serviteurs du Roi ; lamaison du sieur Le Roux fut pillée de fond en comble, et onalla jusqu’à enlever les serrures et les verrouils des portes. Onn’entendait plus parler dans la ville que de potences et de tor-tures, et ce n’étaient point des menaces en l’air, car le parent du