PAPIERS DE LA BASTILLE
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ordonnance de 400 livres que vous avez eu la bonté' de m’en-voyer; elle n’a pas suffi pour payer les habillemens et le lingequ’il lui a fallu, de façon qu’il doit encore beaucoup pour sonentretien et qu’il lui faut tous les jours des choses indispen-sables. J’en suis donc pour les avances de sa nourriture depuisqu’il est ici, sans compter quelque argent que je lui ay avancé.Comme ce que le Roy donne ne suffit pas jusqu’à présent pourson entretien, M. le marquis de Touratte m’a paru disposé à ypourvoir par lui-même, me disant pourtant que ses biens étantsaisis, il ne pourroit en tirer les sommes nécessaires qu’autantque vous voudriez bien, Monsieur, l’ordonner d’autorité. J’ayl’honneur de vous prier de vouloir bien me mander sur cela àquoi je dois m’en tenir, les avances étant assez considérables, eten même temps me faire expédier l’ordonnance de ce que leRoy lui donne pour l’année qui est échüe : je vous en auray uneobligation infinie.
Je suis avec respect,
Monsieur,
votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Le chevalier de Villefort.
COPIE DE LA LETTRE DE M mt DUPONT A SES ENFANTS
De Paris, ce 13 août 1762.
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Je profite, mes chers enfans, des derniers instants de ma viepour vous assurer que la longueur du temps et la distance des lieuxn’ont point diminué la tendresse que j’ay pour vous. Si quelquechose me fait regretter la vie, c’est de n’avoir pu vous en donnerdes marques. Je suis malade depuis le 2 avril, j’ay souffert et jesouffre au-delà de toute expression; j’ay reçu hier mes sacrements,et j’attends la mort avec résignation à la volonté de Dieu.
Si j’e'tois obligée de payer les frais de ma maladie, je n’auroispas eu suffisamment. La personne avec qui je demeure, qui aadouci mon malheureux sort autant qu’elle a pu, a la bonté desatisfaire à tout, au moyen de quoi vous recevrez de sa géné-rosité le peu que j’ay épargné. J’ay laissé l’adresse de M. Colinde Benaville à Saint-Diex, pour lui adresser le peu que l’on vousenverra. Je serois fâchée que cela passât par les mains de vos