Band 
Tome II.
Seite
286
JPEG-Download
 

286

LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

l’année passée au dit Aubusson, furent condamnés à l’amendede 5o livres.

C’est le dit Roussel qui favorise cette Cène et prête aux ditssieurs Larpant et Bonneau la commodité de s’assembler dans celogis.

Ils font aussi leurs assemblées fréquentes chez les nommésLe Roy, au Tambour, rue de la Huchette, cabaretier religionnaire,et chez le nommé Lenoir, au Soleil, rue des Noyers, aussi caba-retier religionnaire. Le dit Bonneau, ministre et faux catholique,feignant de remplir ses devoirs au service de l’Église, est l’àmcde ces assemblées. C’est lui qui fait venir le dit sieur Larpantpour le seconder, et l’on a remarqué qu’il ne manque point, sitôtqu’il connoît un religionnaire ou faux converti malade, de serendre auprès de lui pour l’affermir dans la Religion prétendueréformée (i).

mémoire:

TOUCHANT l’affaire DES NOMMÉS BONNEAU, LARPANT ET ROUSSEL,PROTESTANS MAL CONVERTIS ET FAISANT ASSEMBLÉES

Le dit Bonneau est un homme de 55 à 60 ans, qui fait lemédecin et demeure rüe Saint-Victor et non pas riie de laHuchette.

Il est ami du nommé Roussel, homme quasi de pareil âge, etqui tient un magasin de tapisserie pour le sieur Parperolle, aupremier étage du corps de logis de devant de la maison rüe dela Huchette, appelée la Bastille.

La chambre qui sert de magasin est assez grande, et il y ena une autre petite tout proche où couche le dit Roussel.

Le dit Parperolle n’est point à Paris, mais il y a un de sesfrères qui ne se mêle point du dit commerce, mais seulement

(1) Cette pièce est suivie dans le dossier de l’interrogatoire du sieur Bonneau, fait le7 mai 1700 par Marc-René de Voyer de Paulrny, chevalier, marquis d’Argenson, con-seiller du Roi en ses Conseils, maître des Requêtes ordinaires de son hôtel, lieutenantgénéral de police en la ville, prévôté et vicomté de Paris. Dans ce document, dénuéd’ailleurs d’intérêt, Bonneau nie constamment les faits allégués contre lui.