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Tome II.
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LES DESSOUS DE l’hISTOIRE

placet, enleva, il y a environ douze ans, d’une espèce de com-munauté' en Angleterre, une jeune fille âge'e de 16 ans, souspromesse de l’e'pouser. Il fit, en effet, ce'le'brer une sorte de céré-monie que cette jeune personne crut suffisante. Ils ont ve'cuensemble comme mari et femme depuis douze ans, savoir deuxou trois ans en Angleterre et le surplus à Paris. Ils ont une fille,àge'e de 9 ans, qui est provenue de leur cohabitation. La pré-tendue femme de Robinson, suivant le témoignage de quantitéde personnes de probité, s’est toujours comportée en femmed’honneur. Elle s’est donné beaucoup de peine dans le com-merce qu'ils ont fait ensemble de dentelles et de toiles pourgagner quelque bien. La confiance qu’elle avoit acquise despersonnes auxquelles elle veridoit ses marchandises a beaucoupcontribué à l’avantage de leur commerce, dont on m'assure quele mari ne se méloit que pour acheter les marchandises. Ro-binson, après ces douze années, s’apercevant que sa prétenduefemme étoit dans les dispositions de se rendre catholique, a prisle parti, il y a environ un mois, de la chasser de chez lui, à onzeheures du soir, et ne lui a laissé que le casaquin qu’elle avoitsur elle. Elle a trouvé moyen de se retirer dans la maison desFilles de Saint-Chaumont, où elle seroit encore, si le scandaleque ce particulier y a été faire n’avoit obligé ces Dames à l’en-gager à se retirer.

Cette femme demande par le placet qu’elle a eu l’honneur devous présenter que Robinson soit tenu de lui rendre ses habits,hardes, linge et bijoux, qui, suivant le Mémoire qu’elle repré-sente, se montent à un prix assez considérable.

Elle demande aussi que sa fille, âgée de 9 ans, lui soit remiseen sa possession, et que vous ayez la bonté de lui faire donnerun ordre pour être reçue avec sa fille dans cette même com-munauté de Saint-Chaumont, ainsi que les Religieuses y con-sentent, pourvu qu’elles aient un ordre à ce sujet, et qu’ondéfende à Robinson d’y aller faire aucun trouble. Plusieurspersonnes de piété veulent bien par charité payer la pension dela mère et de la fille, pour les faire instruire dans la Religioncatholique et romaine.

Il y a d’autant plus lieu d’obliger Robinson à rendre et res-tituer les hardes et effets qui lui sont demandés, qu’après avoirabusé cette particulière à l’âge de 16 ans, et avoir vécu avec elledepuis douze ans, soit qu’il la regarde comme sa femme, soit