346
LES DESSOUS DE L'HISTOIRE
Me trompay-je, grands Dieux! He'las! le grand HomèreVient prêcher le carême aux enfans de Cythère :
Que de Venus en pleurs, que de soupirs aux choux!Couveillon (?) est vivant, Phocas est à genoux.
J’aime les vins pompeux, j’aime les huîtres vertes :
Nos enfans sont battus, nos maisons sont ouvertes.Vendôme renaissez, monté sur vos ergots;
Le secret m’est connu, je le sçais de Minos :
Mon esprit orgueilleux embrasse l’hémisphère.Finissons, mais pourquoy? Le profane vulgaireS’applaudiroit sans doute et me croiroit à sec.
Non, non, montrons plutôt un visage rebec :
Trajan et Me'ne'las sont aux Magdelonnettes,
Le Jupiter Chammon (?) se rase sans lunettes,
César en pet-en-l’air achète des marrons,
Au jeune Astianax donnons les violons.
Que la veuve d’Hector nous prête la calotte,
Le cardinal d’Ossat s’échappe sans culotte,
Psiché tient cabaret, Godefroy de BouillonDonne bal à Jocaste et taille au pharaon;
Junon pour son souper n’a qu’une macuereuse,
Le Concile de Trente épouse une danseuse;
Le moyen de jouer, si toujours CicéronPorte quinte à la dame et regarde au talon.
Annibal et Cujas achètent l’esplanade,
Molière et Josüé mangent une salade.
On doit s’attendre à tout dans le vaste univers :
Saint Ambroise se frise, Esaü fait des vers.
Pétulante Lilé, tu veux donc des nouvelles?
Approche, écoute-moy, je t’en diray de belles :
Le purgatoire est mort d’une crête au nombril,
Le zodiaque mange un pigeon sur le gril;
La lune au Parlement vient de prendre séance,
Phèdre se met aux vers pour sentir la cadence,
Et pour mieux célébrer ce grand événement,
Le colosse de Rhodes achète un régiment!.