LES DESSOUS DE L HISTOIRE
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de louer ici un hôtel et de le meubler tout de suite, en a loue' unrüe du Battoir, où il fait faire bien des enjolivemens. Il avoitreçu d’abord une lettre de change de 40,000 fr., pour être em-ployés à l’ameublement, mais cette somme n’ayant point suffi, ilen a encore touché autant, et il y fait travailler jour et nuit pouren accélérer la perfection. Quoiqu’on ne sache pas encore posi-tivement dans le quartier pour qui cet hôtel et ces préparatifssont destinés, il y a cependant quelque Chose qui fait soupçonnerque c’est de l’ordre de M. le maréchal de Saxe, pour la demoiselleNavarre. Ce maréchal est, dit-on, attendu ici le 7 du mois pro-chain, et M. de Lowendhal retourne incessamment en Flandres.
M. le maréchal de Belle-Isle est en route pour revenir, et ilsera à la Cour le i er du mois prochain.
On dit qu’on a enlevé hier, la nuit, à l’hôtel de Bretagne, rüeHautefeuille, un chanoine de Metz : on ignore le par qui et lepourquoi.
Le Gouverneur des Invalides a donné, hier au soir, dans lasalle du Conseil du dit Hôtel, un magnifique concert, où la com-pagnie étoit fort nombreuse et bien distinguée.
On murmure, beaucoup, dans le. public .de ce que. le Ministère,et la police laissent la liberté aux comédiens de tiercer, quand illeur plaît, les places de leur spectacle, comme firent encore hierles François pour la représentation du Méchant, ce qui ne sepratique qu’en France, les prix devant être toujours fixes, commeon l’observe à l’Opéra, telle pièce nouvelle que ce soit.
Le mardi 28 novembre 1747.
La loi que la Hollande vient de s’imposer pour rendre héré-ditaire le Stathoudérat dans la maison du Prince de Nassau, eny appelant les enfans des deux sexes, doit être regardée commeune loi de l’État, sujette à aucune révocation que par une révo-lution. Les sages républicains gémissent d’une pareille résolution;ils voient leur liberté, qu’ils ont acquise par tant de sang, en-chaînée par les intrigues et par l’argent de l’Angleterre, et par lecaprice de quelque citoyen. Le peuple est au comble de la joiede voir que l’on a répondu à ses désirs, tant pour l’hérédité duStathoudérat que pour la vente des emplois. Il dit : « Le tableau» de la République est aujourd’hui bien différent de ce qu’il étoit