PAPIERS DE LA BASTILLE
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question par le dit Édit, ce qui fait qu’on est impatient d’être àdemain ; mais on s’attend à quelques étrennes nouvelles de lacomposition de M. le Contrôleur général, qui se plaint beaucoupde la disette des finances, maigre' toutes les re'formes qu’il afaites dans la distribution de certaines pensions, et de nombrede gratifications qu’il a supprimées.
On parle beaucoup du siège de Maëstricht, que l’on regardecomme très-prochain et décidé. Il paroît même que tous lesmouvemens que nous avons faits du côté de Bréda, Tolen etStimberg n’e'toient que pour attirer là l’attention et les forcesdes ennemis, et que lors de l’entreprise contre Maëstricht, nousconserverons toujours un corps d’armée considérable aux en-virons de Berg-op-Zoom, qui tiendra en respect les troupesennemies, et qui passeroit en Zélande, si elles vouloient allerau secours de Maëstricht; et qu’en tournant cette place pour enfaire le siège, nous en couperons la communication avec legénéral Bathiani, qui est dans le pays de Liège et le Limbourg,avec les troupes autrichiennes qu’il commande.
On dit qu’on soupçonne le Roy de Prusse d’avoir fait enleverles deux courriers de Russie dont on a enlevé les dépêches, il ya quelque temps, et que par ce moyen on a découvert toutes lesintrigues de la Cour de Vienne avec celle de Pe'tersbourg, quin’ont pas peu servi à indisposer Sa Majesté Prussienne contreces deux Cours.
On dit qu’en réponse au Mémoire des Hollandois à Berlin, quiv exposoient le danger de leur situation et celui qu’y courroientles possessions du Roy de Prusse, Sa Majesté y a réponduqu’elle étoit fort touchée de leur situation, mais qu’elle le seroitencore plus, s’ils n’e'toient pas les maîtres de leur État; qu’àl’égard de ses possessions, elle alloit y envoyer des troupes pourles défendre, et qu’elle n’en étoit point inquiète.