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l’amiral de coligny
payés ou enrichis avec les biens des églises, avec lesobjets sacrés du culte catholique; traître au roi, contrelequel il conspira sous le couvert de ses promessesfallacieuses de fidélité ; l’ambition et le fanatisme obli-téraient en lui la conscience.
Diplomate habile autant qu’homme de guerre, ilsanctifiait tous les moyens par la grandeur du succès.C’était lui, qui, sous François II, au moment de laréunion des princes, avait remis une supplique fac-tieuse qui consacrait un parti dans l’Etat; c’était luiqui avait soulevé, en 1569, les premiers troubles, luiencore qui avait conçu le projet de Meaux. Coligny,dit un historien protestant, Mackintosh, fut « un fana-tique vraiment barbare (1) ».
Sujet rebelle, il avait mis en danger le pouvoir duroi, et il osa s’agenouiller à Blois devant le souveraincontre lequel il s’était trois fois révolté (2).
Mais le plus grand crime de l’homme dont nousentreprenons d’écrire l’histoire, ne fut pas d’avoir misen péril la monarchie française à laquelle il devaitl’élévation de sa famille et la sienne propre, non plusque d’avoir trahi les rois auxquels il prêtait sermentde fidélité. Son crime, qui serait irrémissible, si cen’était pas blasphémer que de préjuger de la justiceet de la miséricorde de Dieu, fut de lutter contre Dieusa vie entière, et de cacher ses desseins politiques, sesambitions personnelles, sous une vaine ferveur de réno-vation religieuse. Il renia la foi de ses pères; les ensei-gnements de sa mère. Il fut à la fois impie, apostatet parjure. 11 déclara la guerre à l’Église catholique
(1) Histoire d’Angleterre, t. IV, p. 380.
(2) Georges Gandy : la Saint-Barthélemy, Revue des QuestionsHistoriques.