L AMIRAL DE COLIGNY
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au sein de laquelle il était né, à celte Église, dont legrand Léon XIII, successeur du grand Pie IX, disait;dans la dernière Lettre Pastorale (1) qu’il adressaitaux fidèles de son diocèse, avant de s’asseoir sur lesiège de Pierre :
« Si l’Église possède une doctrine qui, observée etpratiquée dans la vie, doit infailliblement conduireses enfants à un merveilleux perfectionnement moral,et leur procurer la douceur, la pureté des mœurs, lacordialité et l’agrément des relations; si elle possèdece que les sages du paganisme avaient souhaité envain, l’Exemplaire suprême, parfait, absolu de toutevertu et de tout sentiment généreux ; si elle n’a jamaispermis que sa doctrine fût altérée, ni que cet Exem-plaire divin fût déshonoré par les négations blasphé-matoires et les attaques aveugles de ses ennemis; sienfin les doctrines prôchées par elle et l’Exemplairequ’elle propose à notre imitation ont suffi dans le passéà produire des effets merveilleux, manifestement surhu-mains, il est clair qu’il faut être dénué de raison pourbouleverser le monde en arrachant la civilisation auxinfluences bienfaisantes de l’Église et en la confiantà des mains barbares qui ne peuvent que préparer lesplus sanglantes ruines. »
Tel fut donc le crime de Gaspard de Coligny, quitransforma, en effet, par haine de l’Église, le beauroyaume de France, jadis sauvé par Jeanne d’Arc, —l’envoyée providentielle, — en un champ de carnage oùcoula un Océan de sang.
Il se fit le champion de l’hérésie dont Calvin s’était
(Il L’Eglise et la Civilisation, par Io cardinal Pecci, archevêque-évêque de Pérouse.