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l’amiral de C0L1GNY
fait le chef, de par son génie; il fut en quelque sortel’exécuteur des hautes œuvres de cet hérésiarque, d’unsi étonnant caractère, qui demeure, à côté de Luther, —si ce n’est au-dessus môme du moine saxon, — la pluséclatante personnification de l’orgueil et de l’ambitionsacrilège servis par une vaste intelligence.
« Calvin et Luther sont l’antithèse la plus complètequi puisse exister dans le tempérament des hommes.Ils sont si opposés de tout, qu’ils semblent opposésencore dans l’identité de leur crime. L’un est le feu,l’autre est la glace ; mais comme le froid, à force d’êtreintense, finit par brûler comme la flamme, suivant laloi qui veut que les extrêmes se touchent et confluent,il s’est trouvé que Luther et Calvin, avec leurs orga-nisations contraires, ont développé un mal confluentdans l’intelligence humaine, et dépravé, à la mêmeprofondeur, les générations. Luther et Calvin, ces deuxforces du monde bicéphale de la Réforme, •— carHenri "VIII, le cuistre sanglant, n’est qu’un Lutherportant couronne, — c’est la pléthore de Luther, lapléthore de sa chair, de son orgueil, de sa lubricité,de tout son être, excepté de son génie ; — Luther etCalvin, l’Homme rouge et l’Homme pâle, pour em-prunter, à l’Apocalypse, en parlant de ces . deux fléaux,le saisissant de ses images, sont les derniers jumeauxde cette ventrée de rebelles que l’humanité portaitdepuis tant de siècles, et mettait bas, à certains jours.
« Des deux géants que le seizième siècle jeta aumonde, assurément, le moins colossal, le plus cruel,le plus odieux, le plus anti-homme, est Calvin; mais,malgré les dons surnaturels que Dieu avait versés,comme à plaisir, sur la tête de Luther et dans sa