l’amiral de colignv
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Enfin au tome III de ces mômes Mémoires de Sully,il est rapporté que le duc de Bouillon avait fait solli-citer le roi Jacques d’Angleterre, dès qu’il fut montésur le trône, par les envoyés de l’électeur palatin, afinqu’il consentît à agréer des propositions que ce duclui adressait au nom des calvinistes de France. Jac-ques avait répondu à ces ouvertures par un refus trèsnet de s’entremettre en faveur de sujets rebelles.
« Je ne sais, continue l’auteur des Mémoires, ce quepensa après cela Bouillon d’une idée que lui, La Tré-moille et d’Entragues avaient trouvée heureuse : c’étaitde faire le roi d’Angleterre protecteur du parti cal-viniste en France, et l’électeur palatin son lieutenant. »
Les mêmes faits, racontés par les Mémoires de Sullyou dans les (Economies royales , se trouvent exposésde nouveau par Mauvillon, réfugié protestant, dans sesLettres Germaniques et Françaises, publiées au dix-hui-tième siècle. On les y lit à peu près textuellement.
Nous verrons plus tard que l’amiral de Coligny avaitprévu et préparé la tentative de 159S, et que dès lapremière guerre civile, il songeait, en haine des Valoiset de la maison de Guise, à établir en France un gou-vernement analogue à celui des Pays-Bas. Ce n’étaitpoint encore la démocratie, mais plutôt une oligarchiedirigée par un protecteur à la Cromwell.
Son antagoniste le plus énergique, celui dont l’in-fluence, continuée après sa mort par le souvenir de sesvertus, contrecarra sans cesse les projets de l’amiral,était précisément ce duc de Guise, qui avait été sonami, et qu’il s’était pris à haïr par jalousie d’hommede guerre et jalousie d’homme de cour.
François de Lorraine réellement « fut, de l’aveu
i.