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l’amiral de coligny
■ même de ses ennemis, le plus grand homme de sonsiècle, digne de toutes sortes de louanges, de quelquecôté qu’on l’envisage. Son habileté consommée dansla guerre, jointe à un extrême bonheur, et sa rareprudence dans le maniement des affaires, l’auraientfait regarder comme né pour le bonheur et l’ornementde la France, s’il eût vécu dans des temps moins ora-geux et dans des conjonctures où l’Etat aurait été mieuxgouverné (1) ».
Balzac enchérit sur cet éloge : « La France, dit-il,estoit folle de cest homme-là, car c’estoit trop peu dedire amoureuse... Une telle passion ailoit bien prèsde l’idolâtrie. Il y avoient des gens qui l’invoquoientdans leurs prières, d’autres qui meltoient sa taille-douce dans leurs livres. Pour son portrait, il estoitpartout. Quelques-uns couraient après lui dans lesrues pour faire toucher leur chapelet à son manteau,et un jour qu’il revenoit d’un voyage en Champagne,entrant à Paris par la porte Saint-Antoine, non seule-ment on lui cria : Yive Guise! mais plusieurs per-sonnes lui chantèrent : Hosanna füio David. On a veudes assemblées qui n’estoient pas petites se rendre enun instant à sa bonne mine. Il n’y avoit point decœur qui peust tenir contre ce visage; il persuadoitavant que d’ouvrir la bouche, il estoit impossible quelui vouloir mal en sa présence... et les huguenotsestôient de la ligue quand ils regardoient le duc deGuise (2). »
Et puisque ce nom de Balzac est venu sous notreplume à propos du Balafré, et qu’il est nécessaire
(1) De Thou : Histoire universelle , 1. XXXIV.
(2) Balzac : ( l’Epistolier .)