l’amiral de coligny
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c’est cette situation étrangère qui le rend féroce enversServet, inexorable pour ceux qu’il croit opposés à sonoeuvre. Il est cruel dans le sens de Robespierre et deMarat, comme tous ceux qui appuient des rancunessur des doctrines, et qui, en faisant une révolution,veulent l’arrêter. Un poignet d’airain est nécessaire àune telle œuvre; Calvin s’est montré de force à l’ac-complir. »
Mais il est un fait irrécusable, c’est que l’apostolatde Calvin fut fatal aux mœurs de Genève. « Ah! sansdoute, s’écrie M. Galiffe, les anciens Génevois n’étaientpas des anges de pureté céleste, mais au moins ilsn’étaient pas hypocrites. Ils n’allaient pas profanerle temple des démonstrations d’une piété exaltée, enrevenant d’exposer le fruit de leur libertinage. Ilsétaient vifs dans leurs inimitiés, mais ils n’étaient pasfaux témoins, espions et délateurs. Ils avaient besoind’indulgence, mais ils n’en manquaient pas eux-mêmes, et ne cherchaient pas à cacher leur fragiliténaturelle sous des jugements à mort d’une sévéritéinhumaine. Ils étaient ce qu’ils redevinrent au dix-huitième siècle, lorsque le calviniste ne fut plus parminous qu’une ballade du temps passé, — des hommesfiers, hardis, indépendants, bons amis, ennemis iras-cibles, mais faciles à réconcilier, charitables et dévoués,bons patriotes par-dessus tout, parce qu’ils avaient unepatrie qu’ils pouvaient aimer (1). »
« Au vieux sang génevois, resté pur si longtemps,ajoute M. Audin, — l’impitoyable biographe de l’héré-siarque (2) — Calvin mêla le sang des réfugiés, sa garde
(1) Galiffe: Notices genevoises, t. III, Préface, p. xvi, xvii.Voyez aux Pièces justificatives.
(2y J.-M. Audin : Histoire de Calvin.
3.