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l’amiral de coligny
prétorienne; escrocs, fripons, banqueroutiers, qui siè-gent au consistoire, qui entrent aux conseils, sontreçus bourgeois, et pour tant d’honneurs donnent, enéchange, des souillures dont la ville avait à peinel’idée. Pendant toute la durée de la domination du théo-crate, l’espionnage fut une dignité lucrative. Que lemoraliste essaye de fouiller les archives du gouver-nement, M. Galiffe l’accompagnera pour lui montrerdes registres couverts d’inscriptions d’enfants illégi-times, qu’on exposait sur le pont de l’Arve; des testa-ments où la voix mourante d’un père accuse sesenfants de crimes abominables; des actes par-devantnotaires, où une mère constitue une dot aux bâtardsde sa fille; des mariages où l’époux passe de l’autel àla prison; des femmes de toute condition qui mettentleurs nouveau-nés à l’hôpital, pour vivre dans l’abon-dance avec un second mari (1). Attendons : le puritainréformé, qui a passé sa vie dans la poussière des ar-chives, ouvrira bientôt la main, il le promet du moins,et alors il en tombera des feuilles écrites dans unelangue morte, car il a peur de faire rougir la pudeur,et il racontera, dans l’idiome de Pétrone, les petitssoupers des ministres genevois. »,
Aussi Calvin pouvait-il écrire dans son Livre desScandales :
« La plaie la plus déplorable, c’est que les pasteurs,oui, les pasteurs eux-mêmes, sont aujourd’hui les plushonteux exemples de la perversité et des autres vices.De là vient que leurs sermons n’obtiennent ni plus decrédit, ni plus d’autorité que les fables débitées sur lascène par un histrion. Et pourtant, ces messieurs ont
(1) Galiffe : Notices, t. III, p. 15-16.